En fait, c’est un nostalgique Lenny. Il adore le son des années 60, il regrette les années 70, années créatives s’il en est. Et il les regrette tellement qu’il fait un remake. Un morceau titre, Let Love Rule, aux sonorités très Beatles, façon Beatles qu’on s’y croirait. On jurerait John Lennon sur le refrain. Un My Precious Love, on ne peut plus soul, avec l’orgue d’église, et la reverb de cathédrale. Les cuivres aussi, j’allais oublier les cuivres, important les cuivres. Il a écouté Curtis Mayfield, Sly Stone, Hendrix, ça tout le monde l’entend, mais il ne fait rien avec. C’est juste remixé. Un Sitting On The Top Of The World, très Princier. On jurerait Prince au chant. Et oui, pour ne rien arranger, il n’a pas de vraie signature vocale, donc on entend un peu tout le monde quand il chante. Alors c’est bien fait, bien orchestré. Orgue, claviers, guitares, chœur bien arrangés, une grande richesse chromatique, une multitude d’instruments, mais une banalité mélodique qui fait regretter qu’on ne lui écrive pas ses mélodies à sa place. On ne peut pas tout faire, et Lenny ne sera jamais Prince, mais je crois que ça, il le sait. Même si il a joué de presque tous les instruments sur l’album. Même s’ils ont les mêmes influences, même s’ils sont multi-instrumentistes tous les deux, et qu’ils jouent sur le même terrain, bien que Lenny soit un peu plus rock. Le génie qui a déserté Prince, n’a jamais effleuré Lenny. Hélas. Chaque fois qu’il tente un truc, ça fait passéiste, je regarde le passé, avec une nostalgie dépassée. Mr Cab Driver, c’est un rock qui aurait fait un tabac 30 ans plus tôt. Aujourd’hui c’est un titre de pop américaine bien sage, par comme un hippie qui s’est rangé et qui recycle plein de trucs. Il est clair que ça manque de force ou d’élan créatif pour impressionner réellement. Et puis c’est quoi cette pochette fade et sans personnalité ? A l’image de l’album diront les mauvaises langues.