Après sa brillante trilogie berlinoise démarré en 1977 avec les albums Low et Heroes pour se terminé avec The Lodger 2 ans plus tard, clôturant ainsi sa collaboration avec les producteurs Brian Eno et Tony Viscontti, David Bowie entame les années 80, période où il sera pas totalement productif, avec deux albums : Scary Monsters en 1980 et Let's Dance en 1983, en parallèle d'un album pour le film Christiane F. en 1981 et une compilation la même années.
Si Scary monsters a, comme pas mal de fois avec David Bowie, des sonorités très particulières avec de multiples instruments et fait office de symbole de fin de la créativité intense des années 70, l'album suivant, Let's Dance, laisse croire que David Bowie ne veut pas faire partie de ces artistes des années 60/70 qui font des albums bâclés faute d'idées.
Essayant de se fondre dans la pop dansante des années 80, Bowie utilise beaucoup via cette album un son remplie de claviers et de batterie avec un supplément à base de guitare qui donne de beaux solos et des petits riffs sympa comme sur " Criminal World " et de basse très présente et que l'on entend sans problème, donnant un rythme bien ancré dans cette période mais qui reste encore efficace 43 ans plus tard grâce à des tubes : " Modern Love ", " China girl ", " Let's Dance ", tous les trois rapidement reconnaissables même si on est pas un aficionados de l'artiste.
Ce qu'il y a de bien dans l'album, outre sa musique s'adaptant sans problème avec les années 80, c'est aussi le chant de David Bowie, toujours varié, tantôt pêchu, tantôt chaleureux, chaque fois elle nous porte assez loin, sans en faire trop.
Let's Dance est une invitation dans l'ambiance des années 80, faisant presque office de BO de cette décennie pourtant marqué par les albums de Micheal Jackson, l'arrivée du thrash metal et le développement du rap avec Public Enemy et Run D.M.C, bien que David Bowie aura plus de difficultés à imposer ses nouveaux morceaux, il se maintiendra avec cette album et bien d'autres dans les années à venir jusqu'à son dernière souffle en 2016.