Pas évident du tout de débuter dans la vaste discographie d’un artiste comme Devin Townsend. Il ne laisse personne indifférent. Qu’on aime ou qu’on déteste, il ne laisse pas de place à la modération et dans un cas comme dans l’autre, il suscite vite des excès. Définitivement inclassable, il est capable de passer du heavy metal à l’électro voire à l’ambient en passant par la pop ! Vocalement, il peut passer dans le même morceau du murmure au cri écorché, de la voix claire superbe au growl le plus violent ! De quoi sérieusement déstabiliser le/la néophyte ! Après tout, ce « Lightwork » sorti en 2022 est peut-être l’album avec lequel commencer son exploration ? C’est l’album de l’après pandémie, avec les doutes que cette période a pu susciter, l’impossibilité de faire des concerts poussant Devin à écrire de nombreux morceaux. Un album moins sombre que d’autres, porté par l’espoir de retrouver une « vie normale » (« Hope is in the world « ). Et on sent qu’il a voulu revenir à plus de simplicité, des morceaux mélodiques au format chanson. Alors, bon, on peut aussi lui reprocher et certains fans ne s’en sont pas gênés. Même si ça n’est pas mon album préféré, loin de là (de toute façon, chacun(e) pourrait en avoir un différent avec lui !), il s’écoute de façon agréable.
Revenir à de la simplicité et de l'apaisement après une période complexe où les artistes ne savaient pas quand les concerts allaient reprendre, des mélodies sans doute plus pop n’est pas forcément une honte. « Moonpeople », « Lightworker » sont efficaces même si les personnes des morceaux complexes, aux ambiances variées vont être déçues (Devin sait le faire aussi). «Celestial Signals » avec son côté metal symphonique, bénéficie des chœurs de Anneke Van Giersbergen (ancienne chanteuse de The Gathering). « Vacation » le voit se diriger vers du folk-americana. Tiens, on pourrait ajouter l’électro-pop de « Precious Sardine » ! Il ne s’interdit rien, c’est aussi simple que ça. « Children of dog » est par contre bien trop long avec ses 10 minutes. Un disque bonus, « Nightwork » complète le tableau avec du bon (vraiment) comme «Starchasm, Pt. 2 » et du moins bon aussi. Pas totalement emporté mais il ne mérite vraiment pas certaines critiques acerbes qu’il a pu recevoir et qui ne sont pas toutes infondées (« simpliste », « trop long », «c’est pas du metal », « album mineur », «trop sage » et ainsi de suite…). Ça n’est pas un indispensable de sa discographie mais c’est un bon d’entrée car certains albums peuvent vraiment décontenancer, il faut le dire. Rien de ce que sort Devin n’est inintéressant quoi qu’il en soit. Une seule certitude : il nous emmènera dans une tout autre direction pour la suite !