Liquorice marque l’entrée de Hatchie en terrain intéressant.
Pour les fans de Giving the World Away, il y aura peut-être une déception en découvrant qu’elle a quelque peu reculé par rapport à l’ambition et à la diversité sonore de cette sortie.
Liquorice, quant à lui, est plus mature et moins immédiatement accessible, délaissant les refrains « barbe à papa » des premiers travaux de Pilbeam.
Ce type de son, toutefois, est précisément ce que Pilbeam fait le mieux ; elle ne se contente pas de singer ses influences, elle les canalise avec nuance et empathie.
Liquorice diffuse une chaleur mélancolique et un sentiment nostalgique de manque.
Duterte est clairement sur la même longueur d’onde que Hatchie, avec une production habile qui garantit que l’album reste romantique sans basculer dans une douceur écœurante, rêveur sans se perdre, et suffisamment tranchant pour laisser briller les mélodies de Pilbeam sans jamais paraître maniéré ni excessif.
Riche en hauts, en bas et en surprises, Liquorice exprime avec éloquence la volatilité du jeune amour et constitue la musique la plus cohérente de Hatchie depuis Keepsake.
Au milieu des pièces les plus turbulentes se nichent de véritables mélodies contagieuses, avec l’euphorique single principal Lose It Again rapidement suivi de l’effervescent Part That Bleeds, tandis que le final léger et amoureux Stuck est peut-être le moment le plus attendrissant du disque.
Son introspection l’a non seulement menée vers son album le plus vulnérable et le plus sincère, mais aussi vers une démonstration de tout ce vers quoi elle a travaillé au fil de sa carrière.
Au final, Liquorice est Hatchie à son meilleur niveau : c’est poignant, poétique, et surtout, totalement hypnotique.