Lassé par tout le cirque du rock’n’roll (auquel il avait grandement participé, jusqu’à une tournée pharaonique en 1987, après un de ses plus mauvais albums « Never let me down »), Bowie veut retrouver la simplicité, l’efficacité du rock ainsi que de la crédibilité perdue durant les eighties, en se fondant dans un groupe, Tin Machine. Bowie s’associe avec Reeves Gabrels ainsi que les frangins Tony et Hunt Sales. Le groupe s’inspire de nombreux artistes dont les précurseurs du hard rock, Jimi Hendrix Experience, Cream et le Jeff Beck Group. A la suite d’un 1er album fraîchement reçu en 1989, le groupe se lance dans une tournée des clubs et petites salles (à Londres, ça sera le Town and Country Club). A Paris, c’est à la Cigale le 25 juin qu’ils jouent mais le principe en est simple : aucun morceau de la carrière solo de Bowie à attendre, uniquement ceux du 1er album de Tin Machine ainsi que des reprises au gré de leurs envies. Le seul avantage de ce concert est de pouvoir entendre Bowie dans une salle à taille humaine, ce qui était rare, vraiment rare. Car le répertoire, lui, manque clairement d’originalité ; c’est du hard rock avec grosse guitare et grosse batterie à un moment où Nirvana, Metallica ou Guns N’Roses offraient une musique autrement plus intéressante. Le son est nickel, rien à dire dessus mais les morceaux ne sont tout simplement pas assez bons pour marquer vraiment les mémoires. Même les reprises ce soir-là n’apportent pas grand-chose, que ce soit « Working Class Hero » et « Maggie’s Farm », qui subissent le même traitement rock lourdingue. 8 morceaux (sur les 16 du concert) pour 44 minutes pas déshonorantes mais guère palpitantes. C’est après un 2e album et une 2e tournée en 1992 que Bowie comprendra qu’il est dans une impasse et reprendra sa carrière solo.