Ce DVD est sorti en 2011 pour fêter les 20 ans de l’album iconique de Nirvana « Nevermind ». Ce concert a eu lieu 5 semaines après sa sortie, au Paramount Theatre de Seattle, le trio joue donc à domicile. Nous sommes le soir d’Halloween le 31 octobre 91. Leurs potes de Mudhoney devaient au départ être les vedettes du concert, Nirvana étant la 1ère partie. Vu le succès immédiat de « Nevermind », l’ordre de passage a été changé et le groupe se produit dans une salle comble et toute acquise à sa cause. C’est court (71 mn) mais intégral et percutant. On voit un groupe qui est en train de basculer, d’un relatif anonymat, adulé par un nombre restreint de fans depuis 89, à une célébrité mondiale qu’il allait avoir du mal à gérer. J’avoue que j’avais du mal à supporter Nirvana alors que j’étais au lycée en 91, impossible d’allumer la télé ou la radio sans tomber dessus…Et puis, tout le monde en était fan et ça me gonflait, tout simplement, il y avait presque une « obligation » d’aimer Nirvana. C’est avec « In Utero » 2 ans plus tard que j’ai vraiment compris mon erreur et que j’ai eu la chance de les voir en concert lors de la tournée 93-94, au Zénith de Paris, un immense souvenir bien qu’en 94, ça n’ait pas été la meilleure période du groupe se rapprochant de la fin, le choc avait été profond. C’était 2 semaines avant leur dernier concert…
Oui, on était bien devant un grand groupe, mené par un poète torturé mais incroyablement doué, les chansons qu’il a composées le prouve. Kurt Cobain envoie morceau après morceau, et quels morceaux ! « Smells like teen spirit », « Polly », « Been a son », « About a girl » ou encore « On a plain » sont d’extraordinaires chansons que le trio envoie avec une violence monstre, sans parlotte, Cobain reste du début à la fin, le visage planqué derrière ses cheveux rabattus, Dave Grohl cogne furieusement sur ses fûts comme si sa vie en dépendait (c’est probablement le cas d’ailleurs !!!) et Novoselic est le seul à adresser quelques mots au public pour présenter les morceaux. Ils jouent même une version de « Rape me » bien avant que ce titre ne figure sur « In Utero ». Le titre avait été finalisé pendant le mixage de « Nervermind ». Le concert est filmé de façon simple mais efficace, collant bien à la musique, caméra à l’épaule pour suivre au plus près les musiciens, ce qui a, paraît-il, passablement gêné leur performance d’ailleurs. Aucun light show particulier, juste un peu de fumée à un moment mais l’essentiel est bien ce qui se joue sur scène, un moment de l’histoire du rock, on s’en rend compte avec le recul et même si cette captation a pu agacer les spectateurs et spectatrices à cause des contraintes qu’elle imposait, elle permet d’avoir une trace de qualité de cette tournée. La tournée « In Utero » a montré déjà un trio, et un leader en particulier, à bout de souffle. On se disait alors que ça n’était qu’un coup de mou et que Nirvana allait revenir avec de nouvelles chansons encore plus fortes. Cobain est mort en avril 94.