Love This Giant est une rencontre hors du temps, celle de deux esprits singuliers : David Byrne, architecte sonore dadaïste, et Annie Clark, sculptrice d’émotions électriques. De leur union naît un album aux allures de laboratoire orchestral, où les cuivres dictent leur loi et dessinent des paysages sonores inattendus.
Le disque fascine autant qu’il désarçonne. Les morceaux, impeccablement construits, frappent par leur originalité mais gardent parfois l’auditeur à distance, comme si l’intelligence du geste prenait le pas sur l’élan du cœur. L’alchimie entre les deux artistes est palpable, mais demeure polie, plus conversation que fusion.
On reste admiratif devant l’audace, la maîtrise, l’élégance presque clinique de l’ensemble. Pourtant, on en ressort avec l’étrange impression d’avoir assisté à une performance plus qu’à une confession.
Un disque courageux, cérébral, et inclassable – qui mérite d’être salué, même s’il frôle rarement l’embrasement.