5e album pour Doro en 1995 et une occasion loupée. Elle s’était pourtant imposée dans les années 80 comme une des (très) rares femmes dans le metal, capable de rivaliser vocalement avec des Dio ou Rob Halford (pas une mince référence quand même !). Et sa carrière solo avait décollé dès le 1er album sous son nom, l’excellent « Force Majeure ». Reconnaissons que la suite a été plus inégale et plus compliquée mais Doro s’est accrochée et a persisté avec une énergie et une envie qui forcent le respect. Ce « Machine II Machine » de 95 nous montre une ambiance plus lourde, plus indus, pourquoi pas après tout ? Malheureusement, c’est loin de fonctionner. Attention, pas désagréable du tout, mais trop long (67 mn, ça s’apparente souvent à du remplissage, non ?) et inégal, ça, c’est évident. Kevin Shirley (Iron Maiden, Joe Bonamassa, Dream Theater…) se charge de la production avec Jack Ponti, peut-être pas forcément une idée géniale. Tout commence plutôt bien avec un son bien lourd sur les 1ers titres qui font dire que, là, on tient du très bon («Tie me up », « The Want », « Ceremony », « Are they coming for me »). Un excellent début ma foi ! Mais il ne tient pas la distance avec des morceaux carrément lourdingues qui arrivent et qui rallongent la sauce plus que de nécessaire (« Machine II Machine » ou le remix techno final de « Ceremony » par ses compatriotes de Die Krupps, pourquoi, hein ?!). Un album trop inégal pour être convaincant, il ne sert à rien de vouloir réécrire l’histoire mais avec un album réduit d’une quinzaine de minutes, évitant le lourdingue excessif, cet album aurait sans doute gagné en force et en efficacité. On peut saluer sa constance et son envie de vouloir innover même si, ici, ça ne marche pas. Elle refuse de se tourner vers un registre plus pop comme ont pu le faire certaines de ses collègues. Doro, elle, est à l’aise aussi bien dans le registre agressif ("Like Whiskey Straight") que dans celui de la ballade ("In Freiheit Stirbt mein Here"). Un disque décevant malgré tout et qui montrait la difficulté pour Doro à se renouveler, une période commercialement plus compliquée.