Six ans sans nouvelles et voilà que je retrouve Morrissey, mon vieux Momo. Entre-temps, il a parfois sérieusement dérapé dans ses prises de position et ça a refroidi pas mal de monde, moi le premier. Mais l’affection reste là, tenace.
Le single “Make-Up Is a Lie”, qui donne son titre à l’album, ne présageait rien de bon, et pourtant, à l’écoute complète du disque, la surprise est plutôt positive.
La voix est toujours là, intacte. Ce timbre théâtral et mélancolique qui faisait déjà merveille à l’époque de The Smiths. Et même si certaines chansons avancent tranquillement mon Momo restant parfois un peu mou du genou, l’ensemble tient mieux la route qu’on aurait pu le craindre.
“You’re Right, It’s Time” ouvre l’album avec une classe tranquille. “Make-Up Is a Lie” aurait dû être une bannière pour cet album mais ce beat pesant la plombe. “Notre-Dame” intrigue plus qu’elle ne convainc vraiment, tandis que “Amazona”, reprise de Roxy Music, apporte une touche glam bienvenue.
Au milieu du disque, “Headache” et “Boulevard” s’écoutent avec plaisir sans forcément marquer durablement. “Zoom Zoom the Little Boy” est plus anecdotique, alors que “The Night Pop Dropped” possède un joli parfum de nostalgie.
La fin relève un peu le niveau : “Kerching Kerching” et “Lester Bangs” retrouvent une ironie mordante, “Many Icebergs Ago” installe une belle mélancolie et “The Monsters of Pig Alley” conclut le disque avec une énergie presque inattendue.
Au final, Make-Up Is a Lie ne rivalise pas avec les sommets des débuts solo de Morrissey, ceux que je chéris. Mais, honnêtement, c’est sans doute l’un de ses meilleurs albums de ces vingt dernières années. Rien de renversant, certes, mais un disque digne parfois touchant et suffisamment solide pour rappeler que, malgré les années et les polémiques, Momo reste toujours Momo. Et ça, mine de rien, ça fait quand même plaisir alors Momo, je te mets un 7 généreux.