Avec Meat + Bone, le Jon Spencer Blues Explosion signe un retour qui crie plus qu’il ne parle — et c’est précisément là que réside sa force… et ses limites. Les paroles de l’album, à l’image de sa musique, sont des éclats bruts : elles balancent des images crades, des slogans viscéraux, des bouts de narration hurlés plutôt que racontés. Jon Spencer ne cherche pas la poésie, il cherche le choc, l’impact immédiat, le cri primal.
Ce choix fonctionne à merveille sur des morceaux comme “Black Mold” ou “Danger”, où la parole devient percussion, tension, presque un instrument à part entière. Les mots claquent comme des coups de ceinture, leur sens importe parfois moins que leur sonorité. C’est du blues punk, pas du spoken word. Et dans ce cadre, ça marche.
Mais à force de privilégier le style à la substance, l’album peine à laisser une vraie trace verbale. Peu de phrases marquent, peu de refrains restent. Les paroles semblent parfois sacrifiées sur l’autel de l’attitude. On aimerait qu’elles aillent au-delà du simple rôle d’amplificateur d’énergie — qu’elles racontent, dérangent, ou surprennent un peu plus.
Meat + Bone, c’est donc une expérience sonore où les mots brûlent vite, fort… mais sans toujours éclairer. Une esthétique pleinement assumée, mais qui pourrait gagner à affûter un peu plus sa langue.