Que peut-on attendre encore de Yes ? Le groupe n’a plus rien à prouver, il a écrit une partie essentielle de l’histoire du rock progressif dans les années 70 et a su rebondir dans les années 80 et 90. Mais voilà, seul Steve Howe est aujourd’hui un membre d’origine du groupe. Jon Anderson a été viré car ses problèmes de santé l’avaient obligé à refuser une tournée, Chris Squire et Alan White ne sont plus là. Anderson a été remplacé par Jon…Davison, une sorte de clone vocal un peu fade (alors, à quoi bon ???!!!). Quitte à changer de chanteur, autant prendre un musicien radicalement différent pour trancher, éviter les comparaisons obligatoires et souvent désobligeantes. Dans des genres différents, AC/DC l’a fait avec Brian Johnson (rien à voir avec Bon Scott et présent à la barre encore en 2026) et Marillion avec l’excellent Steve Hogarth, toujours là et bien là depuis 1989. Et je ne prends là que deux exemples de groupes qui ont eu le courage (risqué) de se réinventer et ça a marché. Chez Yes, pas question, alors, moi, j’ai parfois (souvent) l’impression d’écouter un tribute band aujourd’hui et ça me rend assez triste.
Reconnaissons cependant le mérite à Howe de continuer à composer et enregistrer de nouveaux morceaux au lieu de ne faire que de lucratives tournées sur leurs tubes des années 70 et 80. Bon, en étant honnête, cet album n’est pas désagréable, Howe a bien encore, malgré l’âge et les ennuis de santé, quelques fulgurances, en particulier dans « Luminosity » qui m’a bien plu. « Mirror to the sky » envoie pas mal même si la basse de Billy Sherwood ne fera pas oublier celle de Chris Squire. Ce sont selon moi les deux morceaux qui dominent l'ensemble. Dans "Mirror to the sky" la basse est justement bien en avant et ça donne une ambiance rock funky pas désagréable. Pour le reste, je me suis un peu ennuyé mais je n’attendais pas grand-chose de cet album alors bon, ça n’est déjà pas si mal. Allez, allons-y pour une (toute) petite moyenne. Le frisson, l'énergie parfois impressionnante que Yes développait appartiennent désormais au glorieux passé et depuis pas mal de temps, c'est la triste réalité.