Monster est un album assez inclassable ; il est un peu sorti de nulle part et n'a pas eu de vraie suite.
Par "vraie suite", je veux dire un album qui aurait été le prolongement de Monster qui en aurait repris les principaux ingrédients (et notamment le son).
Le son de Monster contribue très largement à donner cette identité si singulière à l'album.
Le guitariste Peter Buck use (et presque abuse) de son nouveau jouet : un Mesa boogie Trem-O-Verb - d'où le titre de mon avis. On a donc une omniprésence des effets de tremolo ; on entend déjà beaucoup l'effet sur "What's the frequeny, Kenneth" et "you" ; sur "crush with eyeliner" et "bang and blame" c'est quasiment tout le morceau qui est soumis aux lois du tremolo (fluctuations généralement rapides et lancinantes du volume de la guitare).
Au delà de cette singularité, l'album a presque tout : un single FM réussi (what's the frenquency Kenneth), une ballade simple mais efficace (strange currencies), des morceaux plus barrés (let me in) et surtout une identité visuelle et sonore propre et constante du premier au dernier titre qui le rend inoubliable.
Il faut ajouter que l'album bénéfice, sur la face B du vinyle, d'un enchaînement de morceaux remarquable : Band and Blame, I took you name, let me in.
C'est trois morceaux s'enchaînent parfaitement ; un peu comme en restauration : entrée, plat et dessert. Chaque titre semble appeler le suivant ; on profite ainsi d'une quinzaine de minutes pendant lesquelles le groupe tutoie l'excellence sans discontinuer.
Un bémol toutefois, certains titres sont quand même bien en retrait ; je pense en particulier à "Tongue" sur laquelle Michael Stipe prend une voix de tête assez désagréable.
En synthèse : un album inimitable et donc inégalable (dans le petit univers qu'il s'est créé).