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Hard Rock Cafe
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le 21 déc. 2011
Après l'étrange parade perdue, trois musiciens soumis à l'indéfectible problème du leader déjà parti ailleurs mentalement, se demandent quoi faire planer après la mort des Sixties. Quel est finalement leur genre liant ? Maintenant que l'âge d'or des drogues Californiennes semble se tasser, que les idéologies Hippies deviennent caricatures, que jouer à l'Américaine ? Du blues ? Oui, pourquoi pas. C'est ce qui semble correspondre au tournant de la voix de Jim Morrison, en tout cas. Lui que la bière inhibe de partout. Cet album, "Morrison Hotel" (qui donc n'a rien à voir avec le chanteur, existant même bien avant la création du groupe), sera vu comme leur come-back. Pourtant, je préfère son prédécesseur, ce disque constituant donc l'opus que j'aime le moins chez les Doors (même si ça reste bien sûr de la haute volée). Pourquoi ?
Déjà, Morrison était parti mentalement, à Paris, à Pétaouchnok, mais plus auprès des Doors. Et le laisser-aller au niveau des textes se ressent bien. Le signe le plus édifiant est celui pour "Queen of Highway" : American boy, American girl / Most beautiful people in the world! C'est tellement bête et simple que la traduction remonte au niveau de Moyenne-Section (la preuve j'ai réussi à traduire). Ensuite, je trouve que le blues, dans sa forme la plus "traditionnelle" comme sur ce disque, n'a pas l'air de leur sied complètement : presque tous les morceaux partent d'un riff, qui se répète, et que tous les apparats d'arrangements ne parviennent pas forcément à cacher. Leurs mélodies sont efficaces, seulement on finit par reconnaitre qu'il y a une roue en chacune d'elle qui fait tourner la boutique... Enfin, et surtout : "The Soft Parade", avec toutes les critiques qu'on peut lui faire, légitimes ou non, avait un monde à lui, une personnalité qui faisait qu'on écoutait un album complexe avec des morceaux plus particuliers que d'autres, la plupart "commentables". Pour "Morrison Hotel", les morceaux sont très bons, mais ils sont tous dans le même état d'esprit, à l'exception d'"Indian Summer", qui détient alors ma palme pour l'album. Je le trouve trop uniforme, voilà ; ça peut paraitre stupide, mais je suis attaché à la notion d'album, chaque morceau doit constituer pour moi comme une séquence de film, différente tout en étant cohérente. Avec "Morrison Hotel" c'est comme un plan-séquence dans un bar qui durerait 40 minutes. Ca peut être cool, et ça l'est ; mais je préfère un "Mulholland Drive" à "Victoria", si vous voyez ce que je veux dire. D'autant plus que tous les autres albums des Doors sont effectivement plus dans la première catégorie, ce qui est impressionnant au vu de leurs productions et de leur rythme.
Parce que "Morrison Hotel" reste une réussite ! L'interprétation de Morrison a conservé son intensité, malgré les excès devenant audibles, et qui atteint parfois des vraies transfigurations comme sur "Waiting for the sun" (comme leur troisième album, oui oui ; elle a dû être enregistrée à l'époque, en tout cas la voix du chanteur semble être davantage issue de ces sessions). Les trois musiciens, assistés parfois d'un harmoniciste et d'un autre bassiste, semblent avoir toujours joué du blues, malgré leurs initiations musicales toutes très hétéroclites. Il se passe clairement un vent désertique, très Américain, sur tout l'album, et dont l'ambiance collerait parfaitement à une certaine "American Prayer"... "Land Ho !" pourrait être entonné dans un bar perdu au-milieu de nulle part, "Peace Frog" est un classique qui sait rester en tête, et bien sûr "Roadhouse Blues" sait mettre l'ambiance comme il faut. C'est un disque globalement vraiment classe, qui sait héberger les talents, le temps d'une nuit où les rêves peuvent redevenir des Majestés.
Mais cette résurrection, au tonus des espérances, ne peut durer qu'une nuit. Morrison pense déjà à quitter l'hôtel un matin. Tout le monde, Bill Sidons leur manager le premier, commence à être fatigué par ces étoiles qui n'éclairent plus de route stable. Il ne reste qu'une année à vivre pour le Dionysos de la Musique.
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