Movin’ est un album qui ne cherche pas à plaire à tout le monde — et c’est précisément pour ça qu’il fonctionne. Selah Sue y marie sa voix chaude, légèrement éraillée, à une rythmique jazz inattendue, presque déstabilisante. Le résultat surprend, intrigue, et finit par convaincre : un disque qui avance, qui explore, qui prend des risques que beaucoup n’oseraient même pas envisager.
Le choix d’une base jazz — souple, mobile, presque liquide — est ce qui rend l’album si singulier.
On n’est pas dans un jazz pur, mais dans un jazz habité, réapproprié, réinventé.
Les rythmes surprennent, glissent, bifurquent. Ils donnent à chaque morceau une allure différente, une respiration propre.
C’est ce mélange qui déroute : on ne s’attend pas à ce que Selah Sue pose sa voix sur ce type de groove.
Et pourtant… ça fonctionne.
Mieux : ça intrigue.
Oui, Movin’ va déstabiliser plus d’un auditeur.
Oui, certains ne comprendront pas ce virage jazz.
Mais c’est précisément ce qui rend l’album intéressant : il ne cherche pas à rassurer, il cherche à exister.