Après plus d’une décennie d’absence discographique, Aerosmith signait en 2012 son grand retour avec Music From Another Dimension!. Un album attendu, annoncé comme un événement, et pourtant, le résultat peine à convaincre. Malgré des intentions claires et un savoir-faire toujours présent, ce quinzième opus s’avère inégal, voire déroutant. Note attribuée : 5.5/10.
Avec ses quinze morceaux (dix-sept en version deluxe), Music From Another Dimension! affiche une générosité certaine. Le groupe multiplie les tentatives, entre morceaux rock à l’ancienne, ballades sentimentales, incursions bluesy, et même quelques expérimentations sonores. Problème : cette diversité vire rapidement à la dispersion. L’album manque d’unité et donne la sensation d’une collection de titres juxtaposés plus que d’un projet cohérent.
Certains titres sortent néanmoins du lot. "Luv XXX", morceau d’ouverture, s’impose par son efficacité immédiate et son groove affirmé. "Legendary Child", single aux allures de come-back, rappelle avec brio l’énergie des débuts du groupe. Mais ces réussites ne suffisent pas à masquer les longueurs et les faiblesses d’un ensemble qui s’étire sans toujours captiver. Des ballades comme "We All Fall Down" ou "What Could Have Been Love" peinent à émouvoir, faute de relief ou de fraîcheur.
Steven Tyler demeure un interprète charismatique, et sa voix conserve une puissance impressionnante. Joe Perry, de son côté, livre des interventions guitaristiques solides, parfois inspirées. Pourtant, l’alchimie qui faisait autrefois la force d’Aerosmith semble ici émoussée. Comme si le groupe avait voulu trop bien faire, au risque de s’auto-parodier. Le son est propre, la production soignée, mais l’ensemble manque cruellement de spontanéité.
Music From Another Dimension! aurait pu marquer un véritable renouveau. Il n’en est rien. L’album oscille entre nostalgie assumée et hésitations modernes, sans jamais vraiment trouver sa voix. Plus long que marquant, plus appliqué qu’inspiré, ce retour en demi-teinte ne parvient pas à réactiver pleinement la magie d’antan. Il séduira peut-être les fidèles de la première heure, mais peine à s’imposer au-delà.
Aerosmith revient avec un album sincère mais bancal, riche en intentions mais trop souvent dénué de souffle. À vouloir combler tous les publics, le groupe s’éparpille et perd en impact. Un disque symptomatique d’un groupe légendaire qui, malgré son savoir-faire, semble peiner à se réinventer.