Dire qu'on attendait le prochain album de Six Feet Under comme le messie serait probablement mentir, mais quand ça arrive, ça reste néanmoins un petit événement dans mon cœur d'ado. Certes, mes exigences ne sont plus les mêmes, et si je réécoute avec plaisir Bringer of Blood ou Maximum Violence, force est de constater que la technique (vocale, notamment...) n'a jamais été le fort du groupe. C'est globalement chaotique, un peu paresseux, mais ça gardait un groove et une attitude gentiment punk qui passait plutôt bien.
Maintenant, Chriss Barnes est littéralement à bout de souffle : Six Feet Under n'en finit plus de réécrire le même album, et si je pouvais encore trouver quelques morceaux sympathiques sur Nightmares of the Decomposed (comme les hautement nanardesques, mais jouissifs, "Zodiac", "The Noose" et "Blood of the Zombie"), il ne reste définitivement rien ici...
Je ne sais pour quelle raison, ado, je m'étais inventée que Barnes était un meilleur chanteur que George Fisher et que ce dernier avait un peu "gâché" Cannibal Corpse en reprenant sa position dans le groupe, mais comme c'est faux! Barnes est brouillon, il n'a jamais travaillé sa technique, il articule à peine et il s'est probablement usé la voix en faisant n'importe quoi en plus de 30 ans de carrière. Et ce nouvel opus en est l'ultime preuve : il n'y a rien, définitivement rien à sauver dans cet album mou, approximatif, auto-caricatural et finalement assez pathétique...
En espérant que Six Feet Under soit effectivement "the next to die", nous pourrons dire alors "adieu, petit ange parti trop tard".
(et que Barnes parte en retraite fumer des joints, parce ce que c'est de loin ce qu'il préfère - il le disait lui-même en interview il y a 20 ans)