Avec Night Time, My Time (2013), Sky Ferreira livre un album à mi-chemin entre la confession intime et le manifeste anti-pop. C’est du grunge sucré qui aurait pu sortir d’un mix entre Twin Peaks et The Virgin Suicides — un univers brumeux, adolescent, hanté par les fantômes de la new wave et de la pop 80s.
Les morceaux comme "You're Not the One" ou "I Blame Myself" brillent par leur sincérité désenchantée, avec une prod rêche façon shoegaze light et une voix écorchée qui rappelle une Lana Del Rey plus lo-fi ou une Debbie Harry en crise existentielle.
Mais l’album peine parfois à se renouveler : trop de spleen, pas assez de relief sur la durée. On sent le potentiel immense, mais aussi une direction artistique qui hésite encore entre journal intime et déclaration d’indépendance.
Note : 7,5/10 — Un premier album intense, imparfait, mais sincèrement habité. À écouter de nuit, casque vissé, cœur un peu bancal.