L’album de reprises des Damned pour leurs 50 ans.

Les Damned fêtent cette année leurs 50 ans par un grand concert au Wembley Stadium ! « Wembley » et « Damned » ensemble, ça a quelque chose d’assez surprenant voir d’incongru. Captain Sensible a précisé que s’il n’y avait que lui, il aurait préféré un concert en club ou petite salle. Mais la tournée qui a précédé et qui est passée par Paris les a vus interpréter les titres de ce nouvel album, constitué uniquement de reprises. Il était bien précisé qu’ils ne devaient jouer « aucun morceau de leur répertoire ». Heureusement, ils n’ont pas tenu parole et ont aussi régalé le Bataclan avec « Feel the Pain » et « New Rose ». Un très bon moment avec un groupe trop facilement étiqueté « punk » (tellement facile mais réducteur). Les Damned envoyaient sec, c'est vrai, des morceaux avec de grosses guitares et de grosse rythmiques mais ils n'ont jamais eu de message politique et n'ont cherché qu'à faire bouger et amuser le public. Et à la différence de beaucoup de groupes punk qui voulaient supprimer tout ce qui avait été fait avant eux (balancer un grand coup de pied dans la fourmilière...), les Damned étaient bien trop conscients de ceux qui les avaient précédé: l'idée de faire table rase du passé était une absurdité totale! Et ces musiciens de la banlieue de Londres l'avaient parfaitement compris. Un musicien est aussi la somme de tout ce qu'il a écouté depuis son enfance. Les Damned sont toujours là en 2026, les autres groupes punk appartiennent au passé (passons sur la reformation des SEx Pistols sans l'exécrable Johnny Rotten).

Brian James nous a quittés en 2025 mais les trois survivants sont toujours là : Captain Sensible, Rat Scabies et Dave Vanian. Cet album est donc logiquement dédié à Brian et à certaines chansons qui l’ont poussé vers la musique. C’est l’occasion aussi de se faire plaisir. Bien que je ne sois pas trop friand de cet exercice de la reprise (souvent casse-gueule, avouons-le), j’aime bien les Damned dont la longévité et la sincérité forcent le respect. Et puis quel répertoire ! Leurs reprises sont pêchues comme pour « You must be a witch » ou « When I was young » (The Animal), avec des riffs de guitares bien acérés. Plus surprenant, la reprise de « See Emily play » du Floyd période Syd Barrett dont Captain est un immense fan. Les Kinks sont sans surprise au programme avec « I’m not like evreybody else » (presque une profession de foi !). Impossible de passer sur les parrains du punk, les Stooges et leur « Gimme Danger », le contraire aurait été très surprenant. Pour finir, une reprise des Stones en live, avec Brian lors des derniers concerts qu’il a donnés avec le groupe en 2022 en Angleterre. « The last time » sonne alors comme un au revoir de la part de ses potes alors que Captain a bien expliqué qu’il n’était pas fan du tout des Stones, ni des Beatles d’ailleurs ! Son truc à lui, ce sont les Troggs, les Small Faces, les Kinks et les Stooges, non mais ?. Un bon album, agréable, frais et pêchu qui réussit à n’être jamais passéiste sur ce répertoire sixties (tous les titres datent de 1965 à 1968 sauf « Gimme Danger »).

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le 1 avr. 2026

Modifiée

le 1 avr. 2026

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