Avec Oddfellows, Tomahawk livre un album qui intrigue autant qu’il divise, mais s’il y a bien une constante dans ce tourbillon sonore, c’est Mike Patton, véritable funambule vocal qui transforme chaque morceau en terrain d’expérimentation contrôlée.
Dès les premiers titres, sa voix devient le cœur battant de l’album : tour à tour menaçante, sensuelle, absurde ou presque douce, elle injecte une tension dramatique qui transcende des compositions parfois inégales. Là où les guitares peuvent sembler plus sages que sur les albums précédents, Patton prend les devants, explorant chaque recoin de l’univers sonore avec un instinct théâtral toujours aussi précis.
Des morceaux comme I.O.U. ou Baby Let’s Play ___ illustrent parfaitement cette puissance caméléon : il module, il raconte, il déconcerte. C’est cette capacité à incarner mille émotions – souvent en un seul morceau – qui fait de Oddfellows un album captivant, malgré quelques titres moins marquants.
Ma note de 7.5/10 reflète cette dualité : un disque vocalement riche et inventif, mais qui ne trouve pas toujours l’élan collectif pour aller plus loin. Reste cette voix, omniprésente, qui guide l’auditeur à travers les bizarreries du disque comme un maître de cérémonie, un peu fou, mais terriblement charismatique.