Je crois avoir vraiment aimé une fois. Les autres fois, c'était pour atteindre celle-ci, ou bien ça comptait pour du beurre.
L'amour de la musique. Je l'ai trouvé en 2014, lors de mon année de seconde. Jusque là je n'écoutais que des hits passants sur Fun Radio et autre NRJ, et quelques hits de rock, quand je découvris le rap et le reggae, notamment Booba, Kaaris et Bob Marley, rien que ça. Je me fais des nouveaux slimes, dont Xuenimul (t'as capté c'est pas son vrai blaz mais mieux vaut rester privé). Aussi loin que je me rappelle, j'ai été en contact avec cette musique brute qu'est le rock pour la première fois par son biais, et par la B.O. de Watchmen, film que je vénérais à l'époque. S'ouvre à moi grâce à lui The Doors, Nick Drake, The Who, les Stones, Neil Young...Puis je fais mes propres recherches et ingurgite pléthore d'albums, essentiellement rap rock et reggae durant mon lycée. Faisons un saut en avant d'environ un an et demi. Nous sommes le 25 otcobre 2016, j'ai 17 ans, je suis en terminale. Que s'est-il passé en ce jour ? Franchement aucun souvenir, dû peut être à la quantité assez élevée de salsepareille inhalée à l'époque. Je rentre chez moi, comme d'hab je ne fais pas mes devoirs et écoute de la musique à la place, je lance cet album au hasard, au vu de son apparente parenté avec les Beach Boys et les Beatles. Il ne se passe rien, pas une seule étincelle, juste un léger pétillement pour Time of the Season, qui est déjà le dernier titre. Presque deux années vont passer, et je vais réécouter cet album quelques dizaines de fois sans en avoir quelque chose à carrer. Il ne se passe strictement rien. Jusqu'à un certain été 2018...


Rapide aparté pour parler de l'album : Je ne connais rien des Zombies, je n'ai jamais écouté le reste de leur disco, je sais que Colin Blunstone a ensuite fait carrière solo, mais ça aussi, il me reste à le découvrir. Cet album est un peu comme un pavé dans la mare, une coquille vide au beau milieu d'une famille de moules. Il est seul et unique, ne ressemble à rien d'autre, et en même temps il faut avouer qu'il repompe allègrement ses congénères de l'époque, Beach Boys, surtout Pet Sounds, Mamas & Papas, Small Faces et évidemment les Scarabées sans qu'aucun d'entre eux ne l'égal, à mon gout. Xuenimul, encore lui, m'a exhumé sa parole sur cet album, été 2019 : "Bof on dirait du pastiche". Je peux comprendre qu'on aime pas, tout comme je comprends pas ceux qui ragent sur Jul. Cet album, sans être le plus sincère, car très pop, gentillet et accessible, est en réalité une mine d'or, fourmillant de détails simples mais sublimes. C'est un hommage à ses pairs et contemporains, plus qu'un pastiche, quand bien même l'expression n'est pas péjorative.


Je reprend à l'été 2018 après cette courte vue sur l'album. Je rencontre une femme, ce qui, malgré mon jeune âge, me semble être une âme sœur. Sœur car nous semblons parfaitement nous comprendre et interagir ensemble. Nous nous verrons peu, mais dialoguerons de longues soirées d'été dégagé. Odessey and Oracle, et la je le cite pour de bon, me rejoint. Il devient un essentiel, un indispensable, un quotidien. Il accompagne mon amour naissant, et sans cet amour, il n'existerait pas. Pour moi, cet LP n'existe que par le prisme de cet élément extérieur. Puis, quelques semaines plus tard, la parenthèse utopique se referme, et je remplace Odessey en balle par Disintegration, inutile de vous préciser vers ou je veux en venir après ce détail. Les mois passent, Nouvel an 2019, ça se reparle un peu, (sérieux j'ai l'impression d'écrire une fan fiction sur Nekfeu nocap) j'écoute toujours beaucoup cet album, avec le même sentiment de bonheur qu'en été et en même temps avec un gout insidieux d'amertume. Nous décidâmes de nous revoir. Cet odyssée d'oracle reprend tout son sens. Pas besoin de vous faire un schéma, mais ceux qui connaissent l'album comprendront aisément pourquoi je saigne alors Beechwood Park, This Will Be Our Year, Maybe After He's Gone et bien sûr le plus évident, I Want Her She Wants Me. Nous sommes désormais liés pour un cours laps de temps, et je suis dans un ciel sans nuage. Elle m'apaise, et quand elle n'est pas là, je suis bouillonnant d'énergie, canalisé par cet album, qui n'existe toujours que par elle. Peu de temps passe, et l'amour espéré trépasse. Le temps passe, les lettres d'amour et les messages s'effacent, mais reste cet album, imparable preuve que l'amour a existé sur Terre, et continuera d'exister tant qu'on l'écoutera. Je n'aime plus écrire des critiques banales, aujourd'hui j'aime les histoires et la poésie. Odessey and Oracle est une des plus belles poésies, et ma muse passée est le reflet de cette époque tourmentée et bénite à la fois. Je ne me séparerais jamais de cet album, devenu un de mes essentiels, tout comme mes états d'âmes face à elle seront toujours un fardeau baigné d'une lumière portant la flamme de l'espoir.


S/o à toi, Colin Blunstone, qui m'a montré la voie de la/sa beauté infinie, du génie baroque.


""I knew her when summer was her crown
And autumn sad how brown her eyes
Now, see her walk by..."


Ses paroles restent encore aujourd'hui, parmi celles trouvant le plus de résonance en moi. Hélas, Changes ne m'apporte pas les changements espérés, mais une contemplation affable et passive de mon passé, non sans une certaine douceur nostalgique.


Allez follow Xuenimul, c'est un vrai slime.

PaulClair
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le 21 déc. 2020

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