Ce live de 1980 a été enregistré majoritairement l’année précédente durant des dates de la tournée états-unienne et quelques-uns en Suisse. Mais on a compris qu’à ce moment-là le groupe brillant de la British Invasion n’existe plus : il est largement oublié au Royaume-Uni, apparaissant comme une relique du passé, mais il cartonne de l’autre côté de l’Atlantique ! Ce qui va nécessiter d’adopter un rock plus brutal, plus puissant, limite hard FM, loin des subtilités de leurs bijoux ciselés des années 60. Un son parfaitement adapté aux radios FM américaines. Oui, on est là dans du hard rock, des versions dopées (grosse rythmique, grosse guitare, gros volume sonore) tout ça pour plaire aux foules nord-américaines habituées désormais au punk et au hard rock. Le résultat est un déluge de décibels et au-delà ? Ben pas grand-chose. Ray et Dave s’inscrivent clairement comme des précurseurs du punk, ce qui n’est pas faux quand on écoute un chef d’œuvre comme « You really got me » de 1964. Ray Davies a d’ailleurs repris ce morceau inoxydable il y a quelques années dans un album de duos avec…Metallica. Ils nous servent un « Prince of the Punks » qui est presque une profession de foi. Mais « Victoria » et « David Watts » entre autres sont jouées à 100 à l’heure, comme un groupe punk aurait pu les jouer. Toute la subtilité d’un groupe exceptionnel (et d’un auteur unique comme Ray Davies), un des rares capables à sa grande époque de rivaliser avec Stones, Beatles et Who, a disparu et on peut le regretter.