Cet album est sorti en 2017 et vient de ressortir en double avec un CD bonus live. Quand il sort, Alison, native de Basildon (comme la bande de Depeche Mode) n’est plus une novice depuis (très) longtemps puisqu’elle avait connu le succès dès 1982 quand elle était devenue la chanteuse de Yazoo, le groupe de Vince Clarke après qu’il ait quitté Depeche Mode (« Don’t go » c’était Yazoo). Mais voilà, Clarke s’en va fonder Erasure et c’est le signal pour qu’Alison se lance dans une carrière solo, plus discrète mais qui se poursuit, un peu hors des sentiers battus et sans concession. Elle l’a dit, chanter dans des grandes salles de la variété standardisée ne l’intéresse pas. Elle préfère s’adresser à des publics plus restreints mais qui soient là pour ses chansons. Ici, en 2017, pour son 10e album, elle a travaillé avec le producteur et musicien Guy Sigworth (Madonna, Björk, Shakira…). Ce dernier lui offre un écrin électro-pop dans lequel je ne suis pas totalement entré, trop de machines, trop de « boum-boum-tchac » tout du long, pas assez varié, un peu froid. On n’est pas ici dans de l’électro dance. Heureusement « Lover go » est juste accompagné d’un piano reposant. « I Germinate » ouvre l’album et c’est vrai que c’est une chanson addictive. Mais sur la longueur, malgré plusieurs écoutes, je n’ai pas totalement accroché à ces rythmes électro répétitifs.
Par contre, je lui reconnais sans hésiter deux grandes qualités. D’abord sa voix grave, puissante, absolument superbe en 2017 et qui nous change des « chanteuses à voix » (=gueulardes) pour qui le seul talent est de déployer plus de décibels que la concurrence. Il se dégage de sa voix une vraie nostalgie, le temps qui passe, les liens avec ceux qui nous ont quittés (sa mère dans « English U »), mais aussi une sincérité sans faille, parfois de la colère (« Machine Gun » très rock électro et sans doute ma préférée, se rapprochant, tiens, de Depeche Mode) ou se moquant (déjà) des influenceuses dans « Happy Giddy ». Elle s’est interdit d’expliquer ses paroles qui sont pour moi l’autre force de cet album, chacun(e) peut les comprendre comme il/elle le souhaite mais elles sont souvent très fortes. « Alive » qui conclut « Other » parle de pardon et de renouveau : « Oh, like the bird on the wire/ We could steal away/ But while there’s peace enough to sit out the rain/ I’ll watch my mouth/ You corner your pain/ We can cover one another/ Weave like the willow again » (« Alive »). Je suis donc partagé face à cet album qui a d’indéniables qualités mais aussi une certaine monotonie, encore plus dans la version deluxe. Le live est uniquement dans cette configuration électro, pas désagréable mais c’est dommage car, bon sang, quelle voix !