« Night Time » (1985) dans le registre rock-cold-new wave avait marqué les années 80 et la rythmique de « Eighties » ralentie par Nirvana dans « Come as you are » avait valu au groupe de Jaz Coleman une certaine renommée. Cobain et ses acolytes n’avaient d’ailleurs pas caché l’admiration qu’ils vouaient à Killing Joke. En 1994, ce « Pandemonium » va marquer les années 90 avec un mélange de techno rock industriel qui montrait tout ce que des groupes comme Ministry (évidemment) mais aussi Nine Inch Nails et Rammstein leur devaient. Tiens, j’ai aussi pensé à leur influence sur le grunge avec des groupes comme Soundgarden, Faith No More ou Korn. Bien sûr, les racines new wave ne sont pas oubliées et elles ressurgissent dans des titres comme « Jana » ou encore « Black Moon ». Le reste est d’une puissance/violence assez impressionnante, nourrie d’ambiances orientales. Le début de l’album est même terrifiant avec deux claques monumentales, « Pandemonium » d’abord puis « Exorcism », un de mes morceaux préférés avec ces hurlements glaçants. Le plus dingue est que le groupe de Coleman et Geordie Walker se permet tout, refusant d’entrer dans une case. Après « Jana » il enchaîne avec « Whiteout » du pur Ministry !!! Il semblerait même que « Millenium » ait été enregistrée dans la chambre mortuaire de la pyramide de Khéops afin d’y capter des énergies cosmiques et mystiques, expérience peu aisée d’après les dires des intéressés. Eh oui, que voulez-vous, chez Killing Joke, l’expérience musicale est totale, autant spirituelle que charnelle. On reste éberlué par le résultat final, varié autant que cohérent : une vraie grosse gifle en travers du portrait ! Leur meilleur album pour moi d’une discographie pourtant passionnante et foisonnante.