John Cale n'est pas n'importe qui. Pour ceux qui l'ignoreraient peut-être, le bonhomme a crée avec le regretté Lou Reed l'un des groupes les plus cultes de l'histoire du rock : le fameux Velvet Underground. Rien que pour cela le garçon mérite le plus grand des respects. Néanmoins, en dépit de ce statut de co-fondateur celui-ci ne participe qu'aux deux premiers albums de la formation, le célèbre disque à la banane Velvet Underground & Nico ainsi que le plus expérimental White Light/White Heat en 1968. Il quitte en effet la formation suite à ce dernier album. Une incompatibilité d'humeur ainsi que des différends artistiques avec son ombrageux partenaire sont alors évoqués.
Alors John se casse certes, mais il ne cale pas pour autant. Il entame dés 1970 une carrière solo très prolifique qui nombre plus de 30 disques à ce jour. Parmi ceux-ci figure une véritable merveille : Paris 1919 sorti en 1973. A l'image de sa pochette, la musique de Paris 1919 se révèle être diablement classe, diablement raffinée et divinement lumineuse. Loin des expérimentations du White Light/White Heat dont Cale fut l'une des principales forces créatrices, les chansons de cet opus procèdent plutôt d'une pop traditionnelle et mélodieuse, naviguant entre la ballade aux accents country "Andalucia", la tropicalisante "Graham Greene" et la grâce de "Child's Christmas in Wales" avec un égal bonheur. Un bonheur empreint de délicatesse et de légèreté.
Le disque ne contient que neuf chansons au total et semble un peu s’essouffler sur la fin avec " Half Past France" et "Antarctica Stars Here", la moins attrayante à mon goût, mais il ne s'agit là que d'un essoufflement tout ce qu'il y'a de plus relatif car l'album pris dans son ensemble demeure un envoûtement et vous escortera avec ou sans votre consentement sitôt la seconde écoute accomplie.
Paris 1919
https://www.youtube.com/watch?v=q5YHqWqhFkU