Paul Personne (dit « Paulo » pour les fans !) n’était pas un novice quand il sort ce 1er album éponyme en 1982. Dans les années 70, il était passé par diverses aventures en groupes dont le Bracos Band. Cette 1ère exploration en solo le voit s’affirmer comme un guitariste fabuleux (il est bien l’un des meilleurs de sa génération avec un Louis Bertignac). Il suffit d’écouter « Dis-moi » pour s’en rendre compte : sa guitare est imprégnée de blues, de rhythm’n’blues et de rock sudiste. Il est ici entouré de Phil Marlo (guitare), Philippe Floris (batterie), « Gino » (basse), Daniel Antoine (claviers). On retient « Laisse-moi faire c’que j’veux », pour moi le morceau le plus consistant de l’album. Oui, le son est d’époque et la production manque un peu de jus, sa voix est souvent un peu trop forcée mais il apprendra à la modérer avec les années. « Faut Qu'ça Bouge » au début et « Je vis avec le blues » ont tout de la profession de foi. Un album avec ses défauts mais sa guitare est déjà brillante. Paul passera un peu à la télé et à la radio mais les ventes seront trop faibles pour convaincre son label Epic de donner une suite. Paul est retourné vivre près de Toulouse. Il va falloir attendre quelques années pour que le grand public le découvre, son 1er vrai tube arrivant avec « Barjoland » en 1984 puis « La Chance » en 1987. La reconnaissance viendra avec les années 90, invité (entre autres) par Johnny Hallyday pour ses 50 ans, Eddy Mitchell à Bercy et en tournée et Véronique Sanson aux Francofolies de La Rochelle en 1994 ("On m'attend là-bas"). Il a lentement construit une carrière d’exception et d’une sincérité sans faille.