Une tristesse rarement ressentie, indescriptible, éthérée, fantomatique, angoissante (pulldrone). Ethel Cain tente le drone ambient aux accointances shoegaze. Derrière cette tristesse, et parfois même une certaine mélancolie assez reposante d’ailleurs, se cache une certaine beauté, une forme de pureté propre à Ethel Cain, derrière ce côté Amérique oubliée/destroy notamment sur le dernier morceau Amber waves.
Les nappes de synthés apportent une tension qui nous laisse captifs, nous invitent à la retenue, puis cette tension se libère par ces guitares qui nous submergent quand elles se lancent...
Sur certains morceaux, les paroles sont simplement dites et non chantées : elles sont étouffées, murmurées à travers une porte fermée, comme si elle était dans une réalité différente et qu’elle nous y attirait, dans son monde / sa tête. Cela correspond à l’idée qu’elle développe à propos de « l’anneau ». Je n’ai pas creusé la question plus que ça, mais il y a cette idée d’atteindre un état supérieur de conscience, de transcendance à travers la musique. On peut le voir à moitié sur la pochette d’ailleurs, il est comme caché derrière.
À tous les amateurs, même un tant soit peu, de shoegaze, vous devriez apprécier — surtout quand les guitares électriques se lancent. Sinon, c’est un plaisir à consommer sans modération pour tous les amoureux de drone ambient.
Elle ne voulait pas tomber dans la niaiserie de la pop putassière — et c’est bien joué avec cet EP, qui sert de « test », car on retrouve ce côté très lancinant et cette lenteur sur Willoughby Tucker, sur Tempest (absolument fou comme morceau) et sur Waco, Texas, les deux derniers titres donc.
Bravo Ethel Cain.