Ce Peter Gabriel 2 — Scratch pour les intimes — constitue ce qui se rapproche le plus d'un album hybride entre les aspirations expérimentales du chanteur britannique et un certain classicisme pour ce qui est de l'instrumentation des morceaux.
Peter Gabriel se démarque à cette époque du rock prog très en vogue sur les îles britanniques au profit d'un glissement vers l'art rock, un style plus hermétique qui explique son relatif échec commercial. Accompagné et produit par Robert Fripp, Gabriel signe ici 11 titres composés par ses soins, toujours très axés sur les percussions et les modulations de sa voix atypique.
Le piano est un acteur majeur de cet album, et contribue grandement à lui donner cette coloration unique qui disparaîtra dans Melt au profit d'une emphase faite sur la world-music, dont Gabriel sera l'un des précurseurs en Occident. Un très grand album, sans doute mon préféré sur les 4 premiers de sa période pré-So, la plus riche et stimulante en termes d'expérimentations musicales.