« Take me back to 1975/ It’s where I wanna go »

Leur dernier album remontait à deux ans et demi quand même et comme à chaque fois, c’est un bonheur de retrouver le duo anglo-américain formé par Andy Platts et Shawn Lee. Bon, pour faire patienter les fans, ils avaient enflammé en décembre dernier le New Morning pour deux concerts à la suite, histoire de nous apporter un peu de soleil au milieu du triste hiver parisien. Et avant les rappels, ils nous avaient même joué en avant-première un nouveau morceau de cet album, « The Greatest loser » (pas mon morceau préféré d’ailleurs). Le plus extraordinaire, c’est que leur mélange de pop-soul-funk très west coast, bourré de soleil et de bonnes vibrations, fonctionne à chaque fois ! Et voilà qu’avec les beaux jours, le duo remet ça. Dès les 1ères notes du 1er morceau, « Stevie & Sly », on est embarqué vers Venice Beach, Santa Monica, les seventies, l’âge d’or du rock californien : « Last night last train » pourrait dater de la 2e moitié des années 70, produite à Hollywood. On pourrait presque entendre Stevie Nicks et Linda Ronstadt dans les choeurs, c'est dire 😃. L’ensemble est un régal, à tel point que ça en est énervant !!!

Le duo a joué tous les instruments sauf les cuivres ajoutés sur certains titres et qui renforcent l’impression de groove et de soleil, avec des arrangements signés Nichol Thomson (trombone), Tom Walsh (trompette) et Graeme Blevins (saxophone, flûte). Attention, n’allez pas croire que le duo vit dans le passé et que sa démarche est passéiste sinon autant passer son chemin. Toutes ces influences soul funk sont évidentes, dans « Holding Back The Fire » ou « Just For Pleasure », le superduo a beau marcher sur les pas de Steely Dan, Earth, Wind & Fire ou encore de Bobby Caldwell (« Mr AOR » au Japon !). On n’est pourtant jamais dans l’imitation stérile mais bien dans de la musique de 2025 avec des musiciens surdoués qui connaissent leurs classiques sur le bout des doigts et s’en nourrissent jusqu’à plus soif afin de créer des morceaux actuels irrésistibles. Et c’est bien ça le plus important, les mélodies sont ciselées, la production claque d’enfer et vous met des fourmis dans les mains et les jambes. Les grooves sont somptueux, que ce soit sur « Put up your dukes », « Stealing Time » ou le final « One Horse Race ». C’est court, dansant, dépaysant hyper efficace. Un matin brumeux? Un coup de mou? Une baisse de moral? Ecoutez-le, l'effet est immédiat! Alors vous savez ce qui vous reste à faire : montez le son, fermez les yeux en écoutant « Stealing Time » et imaginez-vous au volant d’une Ford Mustang cabriolet de 1970 sur Ventura Highway, longeant le Pacifique sur la corniche, au besoin bien accompagné, oui, oui, l’imagination est sans limite ! Young Gun Silver Fox nous démontre une nouvelle fois que son talent n’est pas près de se tarir et qu’il reste bien le groupe phare du rock californien à travers le monde. Revenez à Paris nous voir quand vous voulez les gars 😉 !


JOE-ROBERTS
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le 3 mai 2025

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