On le sait, quand un chanteur ou une chanteuse français(e) disparait du 1er plan et connait un succès moindre dans l’Hexagone, il y a toujours quelqu’un pour dire : « Oui, mais c’est un star au Japon ! »😄. Une blague mais dans le cas de Michel au début des années 70, c’était vrai ! Adulé en France et considéré comme un des plus grands mélodistes de sa génération (à juste titre), il sortait l’album « Polnarévolution », n’hésitant pas à choquer la « bonne société » par ses affiches de promotion rentrées dans la légende aujourd’hui. Il se lance dans une tournée qui le voit passer par le Japon où il donne une série de concerts triomphaux, en particulier à Tokyo, à l’automne 72. Il est accompagné par les musiciens de Dynastie Crisis, groupe parisien qui l’accompagnait déjà lors de son spectacle “PolnaRévolution” en octobre de la même année. Parmi les leaders de la scène “pop” française d’alors (avec Triangle, Martin Circus et les Variations), cette formation menait en parallèle une prometteuse carrière discographique (trois LPs entre 1970 et 1973). Édité à l’origine au Pays du Soleil Levant (et à destination prioritaire de ce marché, ce qui explique sans doute la belle coquille orthographique de son titre), ce 33 tours reparaît, à l’occasion de son cinquantenaire. Tout en présentant sept doublons avec le “Live À L’Olympia” capté un mois plus tôt, ce live irréprochable (et garanti sans retouches) propose en bonus les reprises échevelées du “Great Balls Of Fire” du regretté Killer, et du “Jenny Jenny” de Little Richard (avec méchant chorus de guitare de Jacques Mercier à la clé). Eh oui, derrière la provocation, Michel est avant tout un rockeur qui connait ses classiques ! Le son est absolument impeccable, la voix de Michel pure comme du cristal et ces mélodies, bon sang, ces mélodies qui vous entrent dans la tête pour ne plus en sortir, essayez donc de résister à « Love me, please love me », les envolées bouleversantes de « Ça n’arrive qu’aux autres » ou « Le Bal des Laze ». «Tout, Tout Pour Ma Chérie » est joué sur un rythme encore plus rapide que la version studio originale, on a l’impression d’un 33 tours passé en 45 et le public nippon suit en battant des mains ! Un bonheur de concert qui n’a comme défaut que d’être un peu court, c’est dommage, j’en aurais bien pris une dose supplémentaire !