On ne peut pas reprocher à Testament de s’aventurer pour leur 3e album sur des terres inconnues à une époque (1989) où Metallica avait largement fait évoluer le son qui le caractérisait. Non, Testament reste dans ce qu’il sait faire de mieux, du thrash metal bien solide, rentre-dedans mais pas non plus révolutionnaire pour deux sous. En cela, on est dans la lignée parfaite du 2e album, « The New Order ». Pourquoi après tout changer une recette qui gagne ?! On demeure donc dans du thrash très mélodique, porté par des parties de guitares, tant rythmiques que lead, très réussies et un chant qui reste agressif. La surprise vient de « The Ballad », un morceau qui va crescendo, commençant en ballade acoustique pour se terminer sur des riffs furieux et la voix d’écorché vif de Chuck Billy ! Puissant et très réussi car sortant clairement du reste de cet album. Le groupe se permet même d’élargir l’éventail de sthèmes qu’il aborde avec « Greenhouse Effect » dans lequel il traite de l’effet de serre. La paire de guitariste/compositeurs Eric Peterson et Alex Scholnick est toujours aussi efficace, éclatante sur "Nightmare (Coming Back To You)", par exemple. Pour le reste, c’est du bien costaud qui vous envoie un coup dans les gencives ("Envy Life", "Sins Of Omission", "Practice What You Preach"…), mais peut-être trop monotone et manquant un poil d’originalité. Oui, Testament est un artisan de talent du metal mais à un moment où Metallica mêlait du progressif à son thrash, on ne peut s’empêcher de se dire qu’il manque ici des ingrédients pour épicer la recette et la faire passer de « bon plat revigorant » à « savoureux ».