Rarely Do I Dream est un nouvel album magnifique de Powers, ce qui semble être une constante, quel que soit le nom sous lequel il choisit d’enregistrer sa musique. Une collection qui embrasse une dreampop mélancolique (Football), une indie évocatrice (Gumshoe (Dracula From Arkansas)) et une introspection délicate (Beautiful Girl). Il a livré 12 chansons d’autobiographie poignante plutôt qu’un ressassement nostalgique. L’album évoque un puissant sentiment de manque : un désir de connexion, de compréhension et de beauté, trouvé dans des instants fugaces. Dans le souffle et le grésillement de souvenirs éclatés et de rêveries, Powers nous attire vers un passé qui demeure, doux et proche, juste à portée de main. Le charme brumeux qui suinte à travers les voix assombries et le doux martèlement berçant du disque fait que certaines de ses délicieuses subtilités peuvent être manquées sans s’en approcher de très près. Rarely Do I Dream brouille le mystère d’un artiste dont l’écriture honnête a donné aux auditeurs l’impression d’être des initiés auprès du musicien, et présente au monde tout le potentiel de Youth Lagoon. Il parvient à sonner à la fois nostalgique et contemporain, plein de chansons qui évoquent la lueur chaude de l’enfance, mais avec une menace rampante jamais bien loin.