Musicalement, Ready to Die s’inscrit dans la continuité de ce que les Stooges ont toujours su faire de mieux : un rock primal, frontal, sans compromis. Les guitares de James Williamson, rugueuses et saturées, cherchent à recréer la tension brute des années 70. Et dans l’intention, c’est plutôt réussi. L’album renoue avec une formule garage-punk familière, faite de riffs directs, de structures épurées et d’un tempo souvent nerveux. Mais si cette fidélité à l’ADN du groupe est louable, elle tourne aussi à la répétition.
Là où les premiers albums des Stooges incarnaient une vraie rupture esthétique, Ready to Die donne parfois l’impression d’être prisonnier de ses propres codes. Le son est plus propre, plus maîtrisé, presque trop lisse pour ce style qui réclame normalement de l’imperfection, du danger. Le mixage, bien qu'efficace, gomme une partie de la sauvagerie qui faisait toute la singularité du groupe. Il en résulte une musique qui évoque davantage une relecture contrôlée qu’un véritable cri du cœur.
Il faut néanmoins saluer quelques tentatives de variation : certains morceaux flirtent avec le blues crasseux ("Unfriendly World"), d’autres laissent entrevoir une approche plus mélodique ou introspective ("The Departed"). Ces écarts donnent un peu d'air à un disque qui, sans cela, risquerait de s’enfermer dans une uniformité pesante. Mais globalement, l’album reste sur des rails familiers, et ce manque d’audace limite son impact.
En somme, Ready to Die propose un style musical cohérent et fidèle à l’esprit Stooges, mais qui semble parfois figé, comme s’il regardait le passé avec plus de révérence que de feu. Une démarche respectable, certes, mais qui manque par moments de mordant et de surprise pour vraiment marquer.