C'est meilleur la deuxième fois
Après un Load qui m'avait laissé franchement sceptique où je n'avais absolument pas trouvé mon bonheur, j'étais des plus sceptiques devant la suite. C'est donc en partant perdant que je me suis réécouté ce septième album de Metallica. Il faut savoir que je reproche le plus souvent à Metallica de faire des bons singles, mais pas des bons albums, c'est donc avec une certaine surprise que pour une fois, je trouve qu'ils n'ont pas réalisé un disque à la va-vite. Je m'explique : Reload n'est pas un album composé de 3 singles et 12 pistes de remplissages, mais bien de nombreux morceaux gagnants.
Certes, le début de l'album ne s'annonce pas prometteur. Fuel en ouverture laisse présager que le groupe a tout misé dès le début offrant immédiatement les gros tubes. La présences du très bon The Memory Remains juste après n'est pas pour le contre-dire, il faut dire que le morceau est en opposition totale de par le tempo. Devil's Dance ensuite apparaît comme presque une transition avec son début avec une basse ronronnante au possible. Jusque là, on a du bon morceaux, toujours très semblables c'est vrais, Metallica ne fait pas dans l'imaginatif. De plus, le son n'a pas évolué depuis Load, mais au moins, là il y a des idées de compos !
The Unforgiven II suit. Le groupe souhaite-t-il se rassurer en mettant un morceau déjà existant mais dans une toute nouvelle version toute belle ? Qui sait ? En tout cas, si elle plait à la majorité des fans, ce morceau me laisse un peu de glace. Pas comme Better than you et même Slither, deux très bons titres assez lourds, qui sans être exceptionnels sont quand même sympas, bien travaillés. Légèrement changeant aussi même si on retrouve la rythmique de Metallica typique depuis le Black Album.
Carpe Diem Baby apparaît comme étant le moment un peu répétitif de l'album, on sent qu'on commence à pousser sans nouvelles idées et que là on sombre dans le petit répétitif. Comme pour éviter cela Bad Seed est plus agressif, mais respire quand même le déjà vu, surtout à ce moment là de l'album (8ème piste). Where the Wild Things Are apparaît comme un morceau mélancolique très différent dans sa construction et dans ses sonorités, une belle surprise qui rassure quand on voit que l'album risquait de retomber dans les affres du manque d'idée. Le refrain de ce titre m'a véritablement conquis. Assez bizarrement, Prince Charming qui est très agressif répond parfaitement suite à ça, ce retour à la vitesse sonne bien.
Pour les trois derniers morceaux (Low Man's Lyric, Attitude et Fixxxer) j'ai été bien moins convaincu. Si je peux reconnaître un effort de sonorité pour le premier, je n'ai pas adhéré pour autant. Et les morceaux de 8 minutes chez Metallica c'est pas forcément la meilleure des idées pour Fixer.
Sans être le meilleur disque de la carrière du groupe, Reload a le mérite d'offrir un ensemble de bons morceaux, pas forcément très variés, mais plus travaillé que ce que le groupe avait fait pour Load. Malheureusement, nous restons très loin d'une véritable nouveauté, ou d'un album aussi bon que le Black album. Metallica a quand même la fâcheuse tendance à se reposer sur ces lauriers et on est en droit de se demander si cette période du groupe Load&Reload a vraiment apporté quelque chose au groupe (à part beaucoup d'argents).