Thiéfaine avait effectué une superbe tournée acoustique qui lui avait permis de revisiter certains de ses classiques et de piocher dans des morceaux bien moins connus, un régal pour les fans. Il a poursuivi avec une tournée entièrement électrique, les guitares rebranchées sur le secteur et très en avant. La promesse est tenue et il y a dans ce double album beaucoup de moments forts, la setlist étant totalement renouvelée par rapport à la tournée acoustique: "Alligators 427", "Les dingues et les paumés", "Cabaret Sainte-Lilith"...Les guitares sont brillantes, incisives. Pour s'achever en beauté sur le traditionnel "La Fille du coupeur de joint" repris, évidemment par toute la salle, comme le "Sweet Amanite Phalloïde Queen" qui l'a précédé. Un très bon concert que je regrette d'avoir loupé, peut-être juste un peu moins surprenant que l'acoustique. On est ici dans des morceaux dont on a de nombreuses enregistrements live. J'adore le "Routes 88" dans sa discographie mais le Bercy 98, un chef d'oeuvre. Allez, j'aurais bien voulu une petite rasade de "Was ist das rock'n'roll" mais là, je pinaille. Malgré ses ennuis de santé, Hubert-Félix nous démontre qu'il en a encore sous le pied et que le lien très particulier qu'il a tissé avec ses fans (sans l'appui des grands médias généralistes faut-il le rappeler) n'est pas prêt de se briser. A l'approche de ses 77 ans, il reste toujours aussi créatif, inclassable, une anomalie de la chanson française ou plutôt "vieux désespoir de la chanson française" comme il l'a lui même chanté 😊 .