Aïe, aïe aïe ! J'ai eu le malheur de replonger mes oreilles dans la version Böhm du requiem et mal m'en a pris ! C'est plus possible d'écouter une chose pareille dans une interprétation dite "traditionnelle" : la musique, complètement éteinte est proprement engluée (mon dieu, les cordes ! Vibrato large, épaisseur, pathos pathologique) ajoutez à cela la lenteur du tactus, le côté lourdingue des phrasés (le chœur !). N'en jetons plus. Non. Ce n'est plus possible. Ce que je ne m'explique pas, c'est que Böhm, dans Wagner par exemple, est nettement plus incisif, plus rapide, plus articulé. Certes, dans ce genre d'interprétation, on était très loin de la "révolution" interprétative qui s'amorçait avec Harnoncourt, Gardiner ou Herreweghe. Mais tout de même. Comment passer à ce point sur ce que réclame cette musique, sublime entre toutes? Mystère.
Écoutez Maasaki Suzuki et son Bach Collegium Japan pour vous rendre compte de ce qu'est cette œuvre ! Ma version pour l'île déserte. Un disque d'une intelligence et d'une musicalité impressionnante. Sans emphase. Avec un chef qui fait totalement confiance à la musique pour nous émouvoir.