Ozzy avait été viré du groupe en 1979, Geezer Butler ayant été envoyé par les deux autres pour lui annoncer. La brouille a été longue, l’histoire du Sabb’ ayant été compliquée durant les années 80 et 90, entre retour fracassant (avec Ronnie Dio) et plus médiocre (la majeure partie des eighties et nineties avec même un intermède avec Ian Gillan…). Le groupe était tenu envers et contre tous par Iommi. Alors que la carrière solo d’Ozzy avait été brillante dans les années 80, il se reconvertit en star de la téléréalité dans les années 90 ! Les retrouvailles du groupe originel tenaient donc de la surprise, la présence d’un Bill Ward à la santé précaire aussi. Et pourtant, Black Sabbath avec Bill va assurer 2 soirs à la maison en décembre 1997, à Birmingham, là où tout a commencé, dans une ambiance de feu. Cette ambiance fait plaisir et on tient là le seul live de la formation d’origine du groupe puisque l’opportuniste « live at Last » de 1980 n’a jamais été accepté par les membres. Et Bill ne sera pas de la tournée 2013. La setlist pioche allégrement dans les 4 premiers albums irréprochables (« Sabotage » est oublié peut-être à cause des difficultés d'enregistrement? C'est dommage car c'est un album magistral). On devine que c’est un Ozzy en position de force qui a dicté ses choix de morceaux et qu'il n'y a sans doute eu que peu de discussions. Il n’était évidemment pas question d’interpréter des titres qu’il n’avait pas lui-même chantés en studio.
Les classiques sont là, à commencer par un tonitruant « War Pigs » pour lancer les hostilités avec un public bouillant répondant à Ozzy comme un seul être, impressionnant ! « N.I.B. », « Sabbath Bloody Sabbath » ou encore « Children of the grave » envoient du bois. Il reste deux morceaux surprises mineurs, « Dirty Women » (beau solo de Tony !) et « Spiral Architect ». Et puis deux inédits en studio, "Psycho Man" et "Selling My Soul", sans grand intérêt. Ozzy fait le job et semble tenir la forme à ce moment-là à défaut d’une grande voix. Désolé, ça n’a jamais été un chanteur de l’envergure de Dio. Et puis son discours sur ses compères qui lui ont telllllllement manqué…Mouais, ça sent un peu l’hypocrisie ou au-moins le politiquement très correct quand on sait ce qu’ils se sont envoyé dans les gencives après l’éviction d’Ozzy et encore plus pendant la période Dio ! Allez, ça fait partie du show et il est bon à défaut d’être génial. C’est un spectacle solide mais sans la magie sulfureuse des débuts et je devine que ça devait être le pied de les voir chez eux. Pour les avoir vus (sans Bill) en 2013 à Bercy, j’avais passé une bonne soirée, les morceaux étaient toujours aussi fabuleux mais la voix d’Ozzy était plus que limite (et je reste gentil…). Y a-t-il eu beaucoup d’overdubs ici ? Je le pense, en particulier sur la voix. Preuve que cette reformation était en partie opportuniste, Butler et Iommi ont vite retrouvé Dio mais pour éviter les foudres de la Osbourne Family, ils ont appelé leur projet « Heaven & Hell ». Mais c’était bien une nouvelle configuration de Black Sabbath. Le retour d’Ozzy ne se fera vraiment que pour « 13 », ultime (et bon) album en 2013.