Du heavy metal pur et dur, voilà ce que Grim Reaper nous propose dans ce 3e album (et le dernier de la 1ère période) en 1987. Pas de « slow qui tue » ou rock stadium pour épater les foules. Non, une grosse rythmique, des riffs de guitare acérés et un chanteur, Steve Grimmet, en apothéose. Il n’a en effet probablement jamais aussi bien chanté que sur cet album et n’a pas à rougir face aux Rob Halford et Bruce Dickinson qui triomphaient à l’époque. Pas un hasard si Grimmet a été un moment envisagé par Steve Harris pour remplacer Dickinson quand ce dernier a quitté Iron Maiden. Allez, ça aurait été peut-être été mieux que Blaze Bayley ? Autre gros point positif : un son massif, bien plus puissant que sur leurs deux premiers albums grâce à une production efficace de Max Norman. Comme à leur habitude, le groupe commence par le morceau-titre, « Rock you to Hell », hyper-efficace et qui vous colle une bonne droite en travers du portrait.
Mais le reste ne déçoit pas à la différence du 2e album. « Night Of The Vampire », « When Heaven Comes Down » ou encore « Lust For Freedom », sont des morceaux parfaits pour headbanger, accrocheurs et mélodiques. Oui, je confirme, on peut faire de l’air guitar dessus !!! 😄 Le groupe finissait donc par un album de très bonne qualité qui, à défaut de génie, marquait du talent et une expérience qui s’était forgée tout au long de tournées. Ne pas oublier les riffs costauds de Nick Bowcott, guitariste émérite mais aujourd’hui oublié. Il y manque sans doute une petite pointe d’originalité, le titre qui vous tue sur place et qui vous reste dans la mémoire. Et puis, en 1987, à l’heure du thrash et du speed triomphant (Slayer, Metallica, Sepultura, Megadeth, Helloween ou encore Anthrax explosaient alors tout sur leur passage), Grim Reaper avec son heavy plus traditionnel avait quelque-chose d’un peu incongru, obsolète. Mais ça permet aussi que quarante ans après, on les réécoute avec plaisir à défaut d’avoir atteint les sommets. Alors qu’ils s’apprêtent à enregistrer un 4e album en 1988, de nouvelles tensions avec leur ancienne maison de disques les poussent à mettre fin à l’aventure. En procès, ils se retrouvent en effet avec de très lourds problèmes financiers. Seul Grimmet sera de la reformation des années 2000.