La blonde diva du mois, en attendant la nouvelle diva du mois prochain
Je ne vois vraiment pas pourquoi on parle de soul, quand on voit cette vague de chanteuses britanniques qui débarquent sur le marché. A mon avis c’est un argument commercial. Alors Duffy, on peut lui reprocher beaucoup de choses, à commencer par sa voix de « canard », (ce que j’appelle le syndrome Billie Holiday), mais on ne peut pas lui reprocher d’essayer. La tendance soul, c’est ce qui marche en ce moment, elle s’est dit : Essayons ! Un morceau comme I’m Scared est l’exemple même du morceau pop, qui se souvient de ses racines soul. Soul, oui dans l’idée peut-être, mais l’idée ne fait pas la chose, faux morceau de soul, il manque l’esprit. Des violons rikiki, un rythme qui ne balance pas assez, un piano discret, c’est peu…une basse anémiée, on est loin de la soul. Apparemment, les producteurs ont tout misés sur la signature vocale de la chanteuse, mais je ne comprends pas pourquoi ils ont mis autant de reverb sur sa voix, ça fait artificiel. C’est pour cacher quelque chose peut-être ? Le seul morceau qui me plaît, sur cet album, le seul avec le tube Mercy, c’est Hanging On Too Long. Stepping Stone, c’est convenu, déjà entendu, pas vraiment original. On l’oublie vite. Hanging on… il y a dedans une nostalgie, un mouvement dans tout le morceau, les chœurs qui pètent au bon moment, que je me dis que là, ça fonctionne. C’est de la variété anglaise des années 60, la chanson fleur bleue, avec le refrain plein de corps, très fort. C’est pas mal. La soul n’est pas loin, mais c’est fait : à la manière de, c’est un morceau de genre variété d’antan. Et c’est le seul morceau qui fait illusion. Mercy.
Mercy. Enfin un morceau qui groove sur cet album. J’ai faillit attendre ! Tube facile il est vrai, pompé sur Stand By Me, mais il fait ce qu’on lui demande, le morceau, secouer un peu les reins. Et puis j’adore l’orgue derrière. Il semble que les producteurs veulent à tout prix trouver la nouvelle Amy Whinehouse, et sont prêts pour cela à se jeter sur la première blonde venue. Ouvrez les yeux, les gars, Amy n’était pas blonde ! Et puis elle, elle avait autre chose qu’un timbre original. (Le syndrome Billie Holiday, encore). Elle avait un truc à l’intérieur, son blues à elle, une blessure, qui fait qu’on la voit jouer sa vie dans chaque morceau. On appelle ça l’étincelle, le feu, l’expression, on appelle ça comme on veut. Un truc qui ne s’improvise pas. Un truc que notre nouvelle star blonde n’a pas. Non. Et ça, ça fait toute la différence.