Avec SABLE, fABLE, Bon Iver poursuit son chemin sinueux, entre ambient, expérimentation sonore et introspection lumineusement feutrée. L’univers musical est riche, souvent éthéré : nappes vocales flottantes, textures électroniques minimalistes, arrangements subtils… tout concourt à créer une atmosphère délicate et un brin onirique.
Et je l’avoue, certaines pistes m’ont vraiment captivé : ces moments où la voix de Justin Vernon semble flotter hors du temps, ou où un détail sonore, un accord, vient ébranler la mélodie de façon presque imperceptible.
Pourtant, j’ai eu aussi la sensation de tourner un peu en rond. Le double album, généreux, propose un voyage sonore continu, mais par instants, le pensum instrumental prend le dessus sur l’émotion. La frontière entre plongée prolongée et paysage sonore répétitif est parfois délicate à soutenir sur la durée.
En résumé
Un album qui séduit par sa poésie atmosphérique et sa maîtrise esthétique, mais qui peut manquer d’un fil émotionnel solide pour conserver une dansante intensité sur ses deux disques.
🖋️ À écouter tête posée sur l’oreiller, fenêtre entrouverte, pour se laisser porter par le murmure d’un monde musical presque silencieux.