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qui est on ?
Robert Plant Le chanteur, celui qui sait miauler, celui qui sait pleurer, rager, bref, Robert Plant. !!Et moi j'ose faire une critique de son album, pffff., mon gars, tu n'as même pas le droit !Bref...
le 2 oct. 2025
Voilà une nouvelle preuve que Plant continue ses explorations musicales, sans rester coincé dans un passé glorieux alors qu’il a reconnu, qu’à 77 ans, sa voix n’était plus capable d’aller dans les aiguës comme du temps de Led Zep. Le blues, il l’a revisité en long, en large et en travers puis il s’est tourné vers d’autres horizons, des musiques orientales, nord-africaines (la fameuse version de « Kashmir » avec Page en 1994…). Même la version d’«Everybody’s Song » du bluesman Blind Lemon Jefferson est ici habillée de magnifiques tonalités orientales. Le blues du Mississippi est donc présent dans cet album, mais de façon détournée. Avec Allison Krauss, il était plus dans un registre country, là c’est un registre world country blues (si on cherche absolument à définir cette musique). C’est surtout un album sobre et épuré, presque intimiste que nous offre Plant, accompagné par son groupe depuis 2019 Saving Grace : Suzi Dian, dont la voix cristalline s’accorde à merveille avec celle de Plant, le multi-instrumentiste Matt Worley, le guitariste Tony Kelsey, le batteur Oli Jefferson et le violoncelliste Barney Morse-Brown. Ensemble, ils forment une alchimie parfaite qui mêle avec délicatesse et cohérence blues, folk, gospel, country, et des accents de musique traditionnelle anglaise et irlandaise (« Gospel Plough » par exemple). On a pratiquement l’impression d’assister à une réunion d’amis voire une réunion de famille ; l’album a été enregistré dans une grange, voire à l’extérieur, ce qui renforce l’aspect bucolique de l’ensemble.
Il sonne donc autant américain que britannique dans ses sonorités. Que les personnes qui pensent écouter le rockeur hurlant des années 70 écoutent autre chose car elles vont être déçues ! Le rock est bien loin, comme la recherche d'une forme d'épure, de racines profondes. Ce qui intéresse ici Plant, c’est revisiter des morceaux qu’il aime mais ça ne fait pas pour autant de ce « Saving Grace » un album de reprises : des chansons comme “Too Far From You” ou “Higher Rock” prennent ici une dimension nouvelle grâce à l’approche sobre et épurée du groupe, loin des excès et des démonstrations techniques. Et ce qu’on retient surtout, la complémentarité de la voix de Plant avec celle (magnifique) de Suzi Dian. Preuve que l’ancien Led Zep regarde droit devant lui et non dans un rétroviseur nostalgique (et lucratif, ça va sans dire), c’est que lors de sa venue avec ce groupe à Paris en 2024, les seuls morceaux de Led Zeppelin qu’il a repris s’appelaient «Four Sticks », «The Rain Song », «Friends » et enfin « Gallows Poles » en guise de rappel salvateur…Pour être honnête, à voir la mine un peu boudeuse de pas mal de monde en sortant, beaucoup attendaient autre chose que cette ambiance assez recueillie avec des morceaux peu connus du Dirigeable. Oui, oui, ça grognait dans les couloirs et le hall de la salle Pleyel, pas méchamment (le bonhomme a bien trop de talent pour ça) mais nettement quand même! 😊 Ça montre aussi que Plant est avant tout un artiste sincère et intègre préférant aujourd’hui avant tout se faire plaisir. Se complaire dans le passé, si brillant soit-il, ne fait pas avancer, c’est juste se répéter avec le risque de finir à Las Vegas en chantant les mêmes tubes à un public de retraités blindés et de mémères emperlousées. Plant a évité ça, et c’est infiniment respectable de sa part.
Créée
le 25 oct. 2025
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