«Secondaire » n’est pour moi aucunement péjoratif. Grim Reaper s’est formé en Grande Bretagne en 1979 mais son 1er album n’est sorti qu’en 1983 et c’est ce « See you in Hell ». Il permettra à la formation de percer un peu aux États-Unis, le clip de la chanson titre sera même diffusé sur MTV, une sorte de petite consécration. Mais ça ne durera pas et Grim Reaper n’a jamais réussi, comme beaucoup d’autres groupes, à tutoyer les sommets que Iron Maiden ou Judas Priest ont atteint. Cette formation est constitué avant tout d’un duo central : à la guitare, un bon gratteux en la personne de Nick Bowcott, fortement influencé par Eddie Van Halen mais ne boxant pas quand même dans la même catégorie et au chant, là aussi un musicien de talent avec Steve Grimmett. Bowcott se charge de toutes les musiques de 1er album et Grimmett des paroles. La rythmique, elle, n’est pas là pour éplucher des carottes mais semble tout de même un peu en retrait, comme des exécutants de la volonté du duo de têtes pensantes. Cet album est doté d'une chouette pochette qui donne le ton, une ambiance sombre mais dont le groupe n'abusera jamais, heureusement.
Il en ressort le morceau titre qui sera le succès de cet album : un riff simple, sans fioriture et des paroles qui se répètent. Le groupe saura réutiliser cette recette, peut-être un peu trop alors que la production n’est pas exempte de défauts (basse trop faible par exemple). On pourra aussi retenir « Dead on arrival » parmi les bons morceaux, ou encore "All Hell It Loose". « The show must go on » est, elle, la power ballad de l’album, le passage un peu obligatoire pour les groupes de hard des eighties, mais qui sonne un peu comme du Gary Moore. Rappelons juste que le groupe à ses débuts jouaient beaucoup de reprises, dont pas mal de Thin Lizzy, la correspondance peut donc s’expliquer ainsi. D’autres morceaux sont moins marquants, plus passe-partout (« Now or never »…). Grim Reaper était un bon groupe mais à qui il manquait sans aucun doute des morceaux de la trempe de « Breaking the law », "The number of the Beast" ou « Run to the hills »; la différence entre une formation sympathique et efficace et un groupe de légende se fait là : des chansons qui vous entrent dans la tête et n’en sortent plus jamais. Ici, on a du heavy metal efficace, agréable, pêchu et bien foutu, un album pas du tout à dédaigner au contraire, mais à qui il manque une pointe d’originalité, que ce soit dans les paroles ou la musique. Il n’est jamais trop tard pour les écouter et y prendre du plaisir car l’ensemble est très solide.