Ce double CD est la retranscription (incomplète car il manque tout de même 4 morceaux) du concert de Vancouver de Bowie en septembre 1983. La tournée avait commencé à Bruxelles en mai. Bowie n’avait pas donné de concerts depuis la tournée 1978 et c’est une tournée similaire qui est prévue. Sauf que le succès de l’album « Let’s dance » avec Stevie Ray Vaughan à la guitare change totalement la donne. La préparation de la tournée est chamboulée puisque de grandes salles, il faut passer à des stades tellement la demande est forte. Les dates se multiplient. Bowie lui-même n’en revient pas lui qui vivait isolé en Suisse, très marqué par l’assassinat de Lennon trois ans auparavant. Stevie Ray participe aux répétitions de la tournée. Tout était donc prêt mais il abandonne la tournée au dernier moment, officiellement pour se consacrer à son groupe Double Trouble et à sa carrière. En réalité, c’est peut-être ses addictions qui ont gêné Bowie et l’ont privé d’un guitariste de génie. Mais les enregistrements des répétitions existent (à Dallas je crois). Pour le remplacer, Bowie fait appel à un guitariste doué mais de moindre envergure, Earl Slick. C’est Carlos Alomar qui en plus de la guitare lead est le directeur musical du groupe. Sans surprise, lui et Bowie choisissent une setlist qui ne comprend que les titres les plus célèbres du Thin White Duck.
Le groupe comme le son sont boostés, la tournée pharaonique (on en a un aperçu dans le DVD qui existe). Vu le succès de « Let’s dance », on aurait pu penser que David privilégie cet album, beaucoup l’avait découvert grâce à lui et cela lui avait permis de devenir une star planétaire. Mais non, il en reprend seulement quatre titres («Let’s Dance », « Cat People », « China Girl », « Modern Love »). Oui, les morceaux sont fantastiques, tout ça est hyper pro, rôdé à la perfection et assez froid : « Life on Mars ? » n’est certes pas la meilleure version qu’on possède de cette chanson fabuleuse. «Space Oddity » non plus d’ailleurs. Une telle mise en scène démesurée ne permet ni improvisation, ni vraie interaction avec le public. Le plus gros reproche qu’on peut faire à cet enregistrement est qu’il n’est pas complet car il y manque «TVC15 », « Star », « Stay », « The Jean Genie », pas rien quand même. Une des plus grosses tournées des années 80 et dont la réussite va forcément inspirer les superstars d’alors qu’étaient Prince et Madonna dans leur mise en scène. Un petit supplément d’âme aurait été bienvenu mais il faut reconnaître que c’est parfaitement efficace et puissant.