Regarder sans la voir la pluie battre les carreaux. Ecouter sans l'entendre la rumeur de la rue qui s'agite en une longue soirée d'hiver. Chercher à son poignet sans le trouver le doux battement de la vie. Ne plus se souvenir d'un visage que l'on croyait inoubliable. S'éveillant d'un rêve particulièrement poignant, ne plus savoir un instant où se situe la réalité et où commencent la fausse mémoire. Avancer dans un brouillard si dense que l'avenir en semble annihilé, inatteignable. Tout cela ne dure peut-être pas toute une vie, mais certainement plus de dix-sept secondes. [Critique écrite en 1990]