Qui attendait la vierge de fer à ce niveau pour un septième album ?
Pas grand monde ; en tout cas, le précédent album (somewhere in time) avait divisé :
- Un son très années 80 jusqu'à l'excès (chorus, reverb, clavier etc...) ;
- Des titres très (trop) long ;
Le titre de mon avis est un peu provocateur car Iron Maiden n'était pas un groupe mourant à la sortie de ce Seventh son of a Seventh son. Il était un groupe dont on pensait le climax passé, un groupe qui tentait plus ou moins adroitement de s'adapter à l'évolution des tendances, à la mode des synthétiseurs après presque une dizaine d'années de carrière.
Somewhere in time devait, pour les pessimistes et les mauvaises langues, amorcer le déclin de la vierge de fer ; déclin que l'album suivant devait confirmer. Et sort ce Seventh son... Un album abouti voire brillant quasiment de la première à la dernière note.
Il permet de considérer l'album précédent autrement ; au milieu des années 80, Iron maiden n'était pas à bout de souffle, le groupe cherchait (via un virage prog.) un second souffle qu'il a totalement trouvé en 1988 avec cet album.
Seventh son apparaît de ce point de vue et avec le recul comme l'aboutissement du "brouillon" Somewhere in time. Le groupe a appris de ses erreurs et livre un album 80's/prog cette fois totalement abouti et maitrisé.
L'inspiration est toujours présente et les morceaux, quoique parfois assez ambitieux de part leur durée (presque 10 minutes pour "seventh son of a seventh son"), ne paraissent jamais trop long.
Le virage Metal Progressif est cette fois totalement maîtrisé ; le groupe a réussi la gageure de se réinventer, les titres sont désormais très éloignés des productions d'antan (Running free, Prowler, Wrathchild etc...) mais ils n'en sont pas moins réussis.
La grande réussite de l'album est sans doute d'avoir su tirer le meilleur du son des années 80 tout en ramenant une certaine authenticité avec l'apparition de guitares acoustiques que l'on avait jamais entendues auparavant sur aucun opus du groupe.
C'est d'ailleurs une guitare acoustique qui ouvre et clos le disque. Ce choix était assez audacieux voir périlleux pour un groupe de Heavy Metal et pourtant c'est une évidente réussite (y compris à la fin de "The prophecy" où la touche acoustique finale ajoute un vrai cachet à la composition).
En synthèse : quand un groupe initialement étiqueté Hard rock/Heavy Metal réussit dès le deuxième essai à produire un des plus grand classique du Metal progressif.