« Ce n’est pas seulement à propos de moi », laisse entendre Paul, et, de fait, il réitère son propos, certes avec délicatesse, dans la « Part Two » de la composition qui ouvrait l’album. Un album solo rempli de blues, folk et rock décontractés, qui affiche des observations perspicaces sur le fait de vieillir et d’aller de l’avant tout en naviguant dans le monde moderne. Encore une masterclass d’écriture. Encore.
Souvent, cela sonne comme un homme voyant ses plus lugubres soupçons sur la condition humaine confirmés, notamment sur l’explicite « The Body Keep The Score » et « I Keep On Coming Back For More ». Pourtant, son humour embrumé, sa signature, reste rayonnant, surtout sur « Rita Wrote A Letter ». Il est dans une veine de forme riche, apparemment incapable d’empêcher la musique de continuer à jaillir.
Et si Kelly ose suggérer quelque chose de profond sur Seventy, ce n’est qu’à travers son implication volontaire que les récits qui nous entourent sont aussi absorbants que le nôtre, du moins lorsqu’on les perçoit à l’intérieur de la générosité d’esprit qui imprègne ces enregistrements. Si vous êtes fan de Kelly de longue date, la seule vraie concurrence sera celle des chansons déjà ancrées dans votre histoire personnelle. On pourrait dire que, désormais, tout cela n’est que du bonus.