Dans la mythologie Yoruba (groupe ethnique du Nigeria), Shangô est l'orisha (c'est à dire la divinité) de la foudre. On peut donc s'attendre à un album très typé africain et aux rythmes de folie. On est pourtant assez loin de ça. Cet album est dans la continuité directe du précédent, « Bible of dreams », avec ses qualités et ses (quelques) défauts. Niveau qualité, la nouvelle trance ethnique, soutenue par de véritables instruments, et des rythmes moins frénétiques pouvant même aller jusqu'à l'ambient. Niveau défaut, des pistes justement parfois un peu trop mollassonnes ou relativement pauvres.
Deux tubes énormissimes, « Pistolero » et sa guitare flamenco (jouée par Steve Stevens, guitariste de Billy Idol) et « Master of universe » qui convie congas, piano et voix féminine dans une orgie musicale. Barrées, riches et trépidantes, ces deux pistes méritent à elles seules l'écoute de l'album.
Dans les titres plus calmes, on peut citer « Nitrogen Part 1 » et son atmosphère asiatique qui délivre un très beau final, l'étonnant « Solaris », très peu électro, minimaliste et génialement méditatif, et enfin l'excellent « Song for ancestrors » qui, pour le coup, est un véritable trip chamanique à la beauté envoûtante.
Le reste de l'album n'a pas cette créativité. Quelques pistes, même si elles ne sont jamais désagréables à l'écoute, semblent avoir été composées pour boucher les trous. Des temps morts qui empêchent « Shango » d'accéder au rang d'indispensable, contrairement à son successeur, « Labyrinth » qui est peut-être bien le chef d'oeuvre de Juno Reactor...