Avec Shangri La, Jake Bugg semble vouloir prouver qu’il peut aller plus loin, plus fort, plus vite. Produit par Rick Rubin, l’album mise sur un son plus rock, plus ample, plus "international". Mais à force de vouloir élargir sa palette, Bugg perd un peu ce qui faisait la force de son premier disque : sa spontanéité, son charme brut et sa sincérité.
Certains morceaux comme Slumville Sunrise ou Kingpin débordent d’énergie, mais sonnent parfois forcés, presque brouillons. On sent l’envie de casser son image de jeune prodige folk, mais l’intention prend souvent le pas sur l’émotion. Heureusement, des titres comme A Song About Love ou Me and You ramènent un peu de douceur et d’authenticité, et montrent que Bugg sait toujours toucher juste… quand il prend le temps de respirer.
Ce deuxième album donne l’impression d’un artiste en transition, qui cherche encore sa place entre deux univers. L’ensemble manque de cohérence, mais reste honnête et prometteur. Ce n’est pas un mauvais disque, loin de là, mais il laisse une impression d’inabouti.
Note : 6.5/10 – Un album audacieux mais déséquilibré, qui dévoile un talent encore en construction.