En mars 2015 pour son Marillion Week end à Port Zelande, le groupe reprenait en un soir ses singles dans l’ordre chronologique, en commençant bien sûr par le premier, « Market square heroes » en 1983, datant de la période Fish. Autant dire qu’il y avait des décibels dans l’air et que Steve Hogarth aurait pu laisser le micro au public, ce dernier aurait été capable de reprendre toutes les paroles de toutes les chansons ! Et il ne s’en prive pas d’ailleurs, les fans donnant de la voix à la perfection sur « Garden Party », « Sugar Mice », « Warm wet circles », « Man of a thousand faces » ou encore « The uninvited guest ». Le répertoire n’est donc constitué que de morceaux courts qu’on connaît sur le bout des doigts et qu’on reprend toujours en choeur, au détriment des chefs d’œuvre de leur répertoire comme « Neverland », « Ocean Cloud », « Gaza », mais c’est le jeu qu’ils s’étaient fixés et le public les suit.
La formule montre par contre ses limites dans la dernière partie du concert avec les titres les plus récents car ça fait longtemps que Marillion n’est plus un « groupe à singles », ils sont bien au-delà aujourd’hui et pensent d’abord en terme d’album construit et cohérent, mais réussissent quand même à sortir de formidables chansons. Il suffit d’écouter un de leurs chefs d’œuvre « Marbles » en 2004, absent ici car ils l’ont repris un autre soir en intégralité lors de ce week-end batave. Les derniers morceaux sont constitués par « These chains » (extrait de « Radiations »), « See it like a baby » et « Thankyou whoever you are » extraits de « Somewhere else », « Whatever is wrong with you » de « Happiness is the road » et « Power » de « Sounds that can’t be made ». Forcément, ces chansons n’ont pas la force des plus anciennes et l’ambiance retombe un peu. Le groupe termine de façon étrange par une reprise du groupe néerlandais Focus qui, en 1971, avait sorti « Hocus Pocus », un morceau étrange entre guitares hard rock et…yodles ! Drôle d’idée de terminer là-dessus alors qu’on aurait pu penser à un morceau acoustique par exemple pour se quitter (« Made Again » ? « Three minute boy » ?...). Une très belle prestation à défaut d’un incontournable. Cet album est avant tout destiné aux fans qui ont assisté à ce concert aux Pays-Bas.