En 1986, XTC est un trio avec deux têtes pensantes (Moulding et surtout Partridge), Dave Gregory se contentant de la guitare. Ils ont arrêté les concerts depuis quelques années suite aux ennuis de santé de Partridge et sont donc devenus un groupe de studio qui peut se lancer dans diverses expérimentations. Pour tenter de percer dans les charts (ce qui ne leur est pas arrivé depuis un moment), XTC fait appel à Todd Rundgren, souvent sur des bons coups en tant que producteur (New York Dolls, Steve Hillage, Hall & Oates, The Tubes, Patti Smith, Badfinger et Meat Loaf...). Sauf que là, les relations vont être houleuses entre lui et Partridge, les engueulades nombreuses. Il nous reste un bon album mais loin d’être le meilleur de leur discographie. Il est surtout assez monotone, dans sa 1ère partie, avec une suite de ballades sonnant très sixties avec moult cordes et orchestrations soignées (peut-être un peu trop). C’est vrai que l’influence des Beatles est sensible et en particulier de McCartney, bien plus que des Kinks et leur côté grinçant. Honnêtement, je commençais à m’assoupir gentiment quand la 2e face de l’album est arrivé et réveille quand même avec des titres plus rock, plus rythmés, avec des guitares plus en avant («Season Cycle », « Earn Enough For Us », très bonnes). « Big Day » rappelle, elle, Harrison avec son côté un peu oriental.
Heureusement que cette 2e moitié est là sinon j’aurais définitivement sombré ! Dans la fin de l'album, « Mermaid smiled » ou « Sacrificial bonfire » reviennent plutôt au style d'English Settlement, un des sommets de leur discographie. Mais on sent bien que Rundgren les a placées à cet endroit-là car ça n’était pas ce qui l’intéressait dans XTC. Au final, un bon album car le talent de Partridge et Moulding est grand mais on est loin du « trésor de la pop des eighties » que nous vendent certains critiques. De toute façon, si on les écoutait, il y aurait des charrettes entières de ces soi-disant « trésors cachés ». Certains le sont vraiment (rappelez-vous de Aztec Camera ou des Pale Fountains par exemple) mais beaucoup sont exagérés et ce « Skylarking » n’a pas fait d’éclat dans les charts britanniques alors que c’était probablement l’objectif en travaillant avec un producteur de ce calibre, le tout sous la (forte) pression commerciale de leur maison de disques, Virgin Records.