Note : 7.5/10
Il y a dans Songs Cycled quelque chose d’un vieux grimoire musical : un ouvrage bigarré, plein de volutes sonores, d’exclamations baroques et de souvenirs mélodiques que le temps n’a pas fanés. Van Dyke Parks, fidèle à sa verve excentrique, tisse ici une tapisserie éclatée où chaque morceau semble raconter une époque, une humeur, un fragment d’histoire.
La beauté de cet album, c’est sa démesure. Il déborde d’arrangements foisonnants, de clins d’œil érudits, de collisions stylistiques parfois déroutantes. C’est un disque qu’on n’écoute pas distraitement : il demande, presque exige, qu’on l’apprivoise. Et c’est dans ce pacte d’écoute active qu’il dévoile peu à peu sa richesse.
Certes, tout n’est pas fluide ni limpide. L’éclectisme confine parfois à l’incohérence, et certaines pièces peuvent sembler trop chargées ou désuètes. Mais on lui pardonne ses excès tant il déborde de sincérité et d’audace.
Songs Cycled est un album comme on en fait peu : inclassable, désarmant, profondément humain. Un voyage sinueux, mais porté par un souffle rare — celui d’un artiste qui compose avec sa mémoire, ses combats, et son cœur.